Dans l’état actuel des connaissances, et comme l’a écrit Boualam Sansal dans une chronique publiée par Le360, les évènements de Ceuta-Sebta ont mis en lumière la formation d’un axe algéro-tunisien anti-marocain qui est la négation de l’idée même de l’Union maghrébine à laquelle il est pourtant et constamment fait référence. En effet, au nom de cette dernière, le Maroc aurait dû être appuyé par ses «frères» maghrébins, notamment algériens. Or, tout au contraire, la ruée migratoire sur l’enclave de Ceuta fut opportunément utilisée par l’Algérie pour planter un poignard dans le dos des «frères» marocains. Quel oubli du passé!
En effet, dans les années 1840, «par solidarité maghrébine» le Maroc avait soutenu Abd-el Kader contre ses propres intérêts vitaux puisque cela entraîna sa défaite d’Isly et la perte territoriale de tout son ouest qui en fut la conséquence. Puis, dans les années 1954-1962, également par «solidarité maghrébine», le Maroc porta à bout de bras un FLN dont les forces combattantes avaient été anéanties par l’armée française. En 1959-1960, une fois encore par «solidarité maghrébine», le Maroc refusa la proposition du général de Gaulle de restitution de Béchar et de Tindouf… afin de ne pas trahir ses «frères» algériens. Enfin, durant la «guerre des Sables», et toujours par «solidarité maghrébine», le Maroc ne donna pas l’ordre aux FAR, pourtant largement victorieuses, de reprendre militairement ses provinces occupées par une Algérie algérienne héritière de l’Algérie française.
«La propagande algérienne s’est saisie de la crise de Ceuta comme d’une opportunité politique afin de tenter d’affaiblir l’image internationale du Maroc, et de fragiliser sa position auprès de l’Espagne et de l’Union européenne qui le soutiennent dans le dossier du Sahara occidental. »
— Bernard Lugan
S’il parait raisonnable, et toujours dans l’état actuel du dossier, de penser que l’Algérie n’est pas directement à l’origine de l’affaire de Ceuta-Sebta, en revanche, l’intense exploitation opportuniste qu’elle en fit et qui interroge par sa virulence, s’explique par la question du Sahara occidental. Alger n’a en effet pas renoncé à détacher l’ancienne colonie espagnole du Maroc afin de tenter d’y créer un «État» vassal lui ouvrant une porte sur l’océan atlantique. Dans ces conditions, tout ce qui peut affaiblir le Maroc lui est utile, et c’est pourquoi, fort opportunément, ses services et ses relais se sont précipités sur l’occasion de porter atteinte à l’image du «frère» marocain.
D’autant plus que le 31 octobre 2026, le Conseil de sécurité de l’ONU doit renouveler ou modifier le mandat de la MINURSO, conformément à la résolution 2797 (31 octobre 2025) qui prorogeait la mission jusqu’à cette date. Le Conseil de sécurité va alors devoir valider ou non la dynamique diplomatique engagée autour du plan d’autonomie marocain désormais considéré par une majorité de ses membres permanents comme la base «la plus réaliste, crédible et pragmatique» pour une solution politique de la question du Sahara dit occidental.
Or encore, face à la résolution 2797 qui soutient l’initiative marocaine comme base d’un règlement durable, l’Algérie continue à s’arc-bouter sur le «droit à l’autodétermination du peuple sahraoui», alibi commode de son objectif séparatiste.
Dans ces conditions, et comme il vient d’être dit, mais il importe de le redire, la propagande algérienne s’est saisie de la crise de Ceuta comme d’une opportunité politique afin de tenter d’affaiblir l’image internationale du Maroc, et de fragiliser sa position auprès de l’Espagne et de l’Union européenne qui le soutiennent dans le dossier du Sahara occidental.
Or, la lecture de la presse internationale, tant en Europe qu’aux Amériques montre que l’exploitation du drame de Ceuta par l’Algérie est apparue pour ce qu’elle est, à savoir une grossière et artificielle manipulation opportuniste.




