Troisième escale en dix jours dans la région Béni Mellal-Khénifra. Après Fkih Ben Saleh et Khénifra, Azilal est devenu ce lundi 7 septembre le théâtre d’une véritable démonstration de force. À la tribune: Fouzi Lekjaa. Ministre sortant du Budget, président ultra-populaire de la FRMF et figure de proue de la campagne du Parti authenticité et modernité (PAM) pour les législatives, il impose un rythme d’enfer sur le terrain. Face à une salle comble et surchauffée, Lekjaa a délaissé les exposés technocratiques pour réserver un traitement de choc à ses détracteurs.
«Paix» aux ignorants: la réponse au RNI
Sans jamais le nommer directement, le message visait une cible précise: le Rassemblement national des indépendants (RNI). Face aux railleries et aux doutes émis sur la faisabilité du projet du PAM, la réplique a fusé, cinglante: «Nous avons fixé nos priorités, celles que nous croyons partagées par tous les Marocains, à l’horizon 2031. Au lieu d’en débattre, un parti qui s’est autoproclamé notre adversaire a choisi de nous attaquer. Nous leur répondons, comme c’est dit dans le Saint Coran: “... qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent: paix”.»
Rappelant l’ossature de l’offre politique de sa formation, il a recentré le débat sur les réalisations et les visions d’avenir. «Nous avons décliné notre programme en cinq axes. Le plus ambitieux concerne le pouvoir d’achat. Nous ne demandons qu’à être challengés. Le jour où ils nous ont sorti un SMIG à 5.000 dirhams, nous avons dit “Amen” et avons applaudi. De la même manière que nous avons proposé une vision pour la jeunesse. Qu’on propose mieux! Mais se contenter des attaques et nous qualifier de tel ou tel, voilà qui ne fera avancer ni le Maroc ni les Marocains. Et vous savez tous distinguer entre ceux qui profitent aux autres et ceux qui ne font que profiter», a-t-il lancé. Et bim.
Entre deux salves de youyous, le ton s’est fait encore plus grave sur le dossier des services publics, rouvrant directement une blessure politique liée au bilan du gouvernement sortant: «Nous avons établi que l’enseignement et la santé sont les bases de toute société. Des choses ont été faites, mais beaucoup reste à faire et nous allons nous y employer. Nous, on ne laissera jamais des femmes en couche mourir dans nos hôpitaux faute de soins et d’équipements», s’est insurgé Lekjaa. Une référence explicite au drame survenu sous le gouvernement d’Aziz Akhannouch à l’hôpital Hassan II d’Agadir.
Les 350 milliards de dirhams assumés… contre 280 dilapidés
Sur le terrain financier, le spécialiste du budget national a balayé d’un revers de main le scepticisme entourant l’enveloppe de 350 milliards de dirhams nécessaire au plan quinquennal du PAM.
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«Ceux qui nous reprennent là-dessus doivent d’abord s’interroger sur le sort des 280 milliards de dirhams qu’ils ont gaspillés au nom du pouvoir d’achat, mais qui n’ont servi à rien. Soubhanallah: quand il fallait sortir ces 280 milliards pour “rien”, il était facile de les trouver. C’est maintenant que mobiliser 350 milliards devient impossible et irréalisable? Allons!», a-t-il souligné.
Concluant son discours sur une note d’engagement ferme, Fouzi Lekjaa a martelé la feuille de route qu’il compte exécuter pour les cinq prochaines années. «Nous, nous entendons bien mettre à la disposition des retraités un minimum de vie digne, soulager les fonctionnaires et les salariés en activant le levier de l’impôt sur le revenu. Une bonne école et un logement à la hauteur. C’est ce que nous voulons. Et ce que veut Sa Majesté. Et nous allons trouver les moyens d’y arriver. Et c’est le moins que l’on puisse faire pour les Marocains et le Maroc.»















