Bernard Lugan

La chronique de Bernard Lugan

Bernard Lugan est un historien français, né à Meknès au Maroc. Auteur de plusieurs ouvrages| dédiés principalement au continent africain| il est considéré comme l’un des africanistes les plus réputés et a enseigné à cet égard l’histoire de l’Afrique dans plusieurs universités et écoles. Il a reçu en 1988 le prix Louis-Marin de l’Académie française pour son livre Huguenots et Français| ils ont fait l'Afrique du Sud.

Le piège des hydrocarbures se referme inexorablement sur l’Algérie
La dépendance aux hydrocarbures fait peser une menace existentielle sur l’Algérie, dont l’économie est à la merci de la variabilité des cours. Bloquée sur la monoproduction des hydrocarbures, dont les volumes exportables devraient automatiquement baisser en raison de l’augmentation de la consommation intérieure et de l’épuisement des gisements, l’Algérie, qui ne produit rien, est dans une impasse.
La gauche française, cette gardienne vigilante du mensonge national algérien
Oser simplement écrire que la nation algérienne n’existait pas en 1830 quand se fit le débarquement français à Sidi Ferruch, entraîne ainsi immédiatement l’accusation de «nostalgique de l’Algérie française» ou de «partisan de l’OAS», donc la disqualification et la mise au ban.
Comment le Maroc oriental a été offert à l’Algérie (2)
Le 5 août 1890, aux termes d’une convention secrète, la France et la Grande-Bretagne se mirent d’accord pour délimiter leurs sphères d’influence en Afrique. Londres laissa alors toute liberté à la France pour occuper les régions marocaines du Touat, du Gourara, du Tidikelt et d’Igli, ainsi que toute la vallée de la Saoura.
Comment le Maroc oriental a été offert à l’Algérie (1)
S’appuyant sur les articles de la Convention de Lalla Maghnia, l’Algérie soutient, contre le réel et contre l’histoire, que le Maroc et la France auraient implicitement reconnu que le Sahara était une res nullius, dont la propriété reviendrait au premier occupant, c’est-à-dire à la France, dont l’Algérie indépendante se considère comme l’héritière. Deux objections majeures vont à l’encontre de cette thèse.
Lyautey a empêché «l’algérianisation» du Maroc
Lyautey avait compris que le Protectorat n’aurait qu’un temps, qu’il n’était qu’une étape transitoire, une parenthèse destinée à être refermée, car, à la différence de l’Algérie, le Maroc était un authentique État-nation, dans lequel la présence française n’était que temporaire. Il n’eut d’ailleurs de cesse de proclamer: «Je suis le premier serviteur du Sultan».
Comprendre la guerre du Kivu
Voilà les trois grandes raisons pour lesquelles, depuis 1996, le Rwanda impose une situation de non-retour débouchant sur une sorte d’autonomie régionale sous son contrôle. Or, comme la République démocratique du Congo n’acceptera jamais la perte du Kivu, la question ne semble pas être en voie de règlement.
Les très sombres perspectives économiques et sociales de l’Algérie
La survie du «Système» algérien dépend du prix des hydrocarbures. Ses dirigeants ne peuvent pas avoir oublié que le «contre-choc pétrolier» de 1986 avait débouché sur les manifestations d’octobre 1988, puis sur la guerre civile des années 1990. De même, le cours du pétrole a commencé à baisser au milieu des années 2010, et quatre ans plus tard, il y eut le Hirak…
La «Question marocaine» (1894-1912)
Londres accorda toute liberté à Paris d’occuper les régions marocaines du Touat, du Gourara, du Tidikelt et d’Igli dans la vallée de la Saoura. C’est par cet axe transsaharien que la France envisageait en effet de relier l’Afrique occidentale à la Méditerranée et d’y faire passer son chemin de fer transsaharien.
L’Algérie doit ses frontières à la France
L’Algérie insulte quotidiennement la France. Un comportement totalement contre-productif, cette frénésie ayant abouti à dresser contre Alger la majorité de l’opinion française. Une opinion qui commence à être lassée du procès fait à la France par une Algérie qui lui doit tout… jusqu’à son nom, et qui, tout au contraire, devrait la remercier de lui avoir offert ses frontières en amputant territorialement le Maroc.
L’Algérie est-elle dirigée depuis El Mouradia ou depuis Tindouf?
Lors de la réunion de Tindouf, la Turquie fut accusée de crimes de guerre et de diverses exactions. De quoi susciter l’indignation de l’opinion turque qui découvrit l’évènement à travers les images transmises par la presse, montrant des militants de l’indépendance du Kurdistan posant auprès de membres du Polisario. Ressentie comme une provocation à Ankara, cette réunion provoqua la colère du monde politique turc.