Bernard Lugan

La chronique de Bernard Lugan

Bernard Lugan est un historien français, né à Meknès au Maroc. Auteur de plusieurs ouvrages| dédiés principalement au continent africain| il est considéré comme l’un des africanistes les plus réputés et a enseigné à cet égard l’histoire de l’Afrique dans plusieurs universités et écoles. Il a reçu en 1988 le prix Louis-Marin de l’Académie française pour son livre Huguenots et Français| ils ont fait l'Afrique du Sud.

Les «perles» de la fausse histoire algérienne
La France fixa donc les frontières sahariennes au profit de l’Algérie qui reçut ainsi en héritage la plus grande partie du Sahara sur lequel elle n’avait, par définition, jamais exercé la moindre souveraineté. Puis, une fois indépendante, l’Algérie se posa en héritière territoriale de la France, refusant de reconnaître que le Maroc, État existant depuis le huitième siècle, avait été territorialement amputé par l’ex-puissance coloniale au profit d’un État algérien venu au monde le 1er juillet 1962, c’est-à-dire douze cents ans après sa propre naissance…
Quand le Portugal occupait Mazagan et bloquait le détroit d’Ormuz
Durant plus d’un siècle, Ormuz, verrou stratégique, passage obligé entre le golfe persique et l’océan indien, point de contrôle des navires allant vers Bassorah, la Perse, l’Arabie et l’Inde, fut sous le contrôle du Portugal qui maintint une flotte et une garnison importantes à Ormuz et à Mascate.
Mali et Tindouf: l’Algérie face au mur de la réalité
À Tindouf, l’Algérie est pareillement au pied du mur. Ici également, mais avec le Polisario cette fois, il va en effet lui falloir faire un choix. Comme pour ce qui est des Touaregs, il apparaît désormais clairement que le Polisario qu’elle porte à bout de bras depuis des années lui pose maintenant des problèmes et constitue même un frein à ses véritables intérêts.
L’Algérie va-t-elle sacrifier les Touaregs du Mali sur l’autel du gazoduc transsaharien?
Le sud algérien est traditionnellement la caisse de résonance des problèmes sahéliens. Or, depuis plusieurs mois, l’Algérie se trouve piégée par les «dynamiques» régionales qu’elle ne contrôle plus.
Algérie: les élections ou le Hirak silencieux
C’est donc bien un Hirak silencieux qui se déroule en Algérie où 80% des Algériens montrent, élection après élection, qu’à leurs yeux, le «Système» est illégitime…
Quelle est l’ancienneté des frontières de l’Algérie?
En 1830, quand la France débarque à Alger, les frontières de l’Algérie n’existent pas plus qu’un État algérien. Les frontières de l’Algérie ont donc bien été tracées par la France. Et selon un processus bien connu des historiens. 
Quelle est l’ancienneté historique de l’État algérien?
Là est toute la différence avec le Maroc qui existait plus de mille ans avant le protectorat qui ne fut qu’une parenthèse dans son histoire millénaire. Or, la seule évocation de cet état de fait déclenche trop souvent des réactions émotionnelles chez certains intellectuels algériens dont le comportement est moins nationaliste que chauvin, ce qui n’est pas la même chose.
L’Algérie face aux fractures internes et aux menaces périphériques
Tôt ou tard, l’Algérie devra donc, soit démanteler et détruire cet État dans l’État qu’est devenu le Polisario, soit tout au contraire s’en accommoder, mais au prix d’un délitement de sa souveraineté.
Quand les sultans Saadiens sauvèrent l’indépendance du Maroc
Au mois de mars 1558, Hassan Pacha, le beylerbey d’Alger, attaqua le Maroc. Les combats qui eurent lieu au nord de Fès, sur les rives de l’Oued El‑Leben se traduisirent par une victoire marocaine décisive suivie de la déroute des troupes ottomanes qui subirent des pertes importantes. Cette dernière grande tentative de conquérir le Maroc eut pour résultat la matérialisation de la frontière Maroc-turque.
Combien de temps encore, les historiens algériens choisiront-ils de chevaucher les mythes de la fausse histoire?
«L’histoire est l’enfer et le paradis des Algériens», disait Mohamed Harbi. Une phrase qui semble écrite pour Farid Belkadi. Pour ne pas voir la réalité qui est que l’Algérie est bien une création coloniale française, ce dernier préfère en effet se laisser bercer par les éthers de l’imaginaire…