Bernard Lugan

La chronique de Bernard Lugan

Bernard Lugan est un historien français, né à Meknès au Maroc. Auteur de plusieurs ouvrages| dédiés principalement au continent africain| il est considéré comme l’un des africanistes les plus réputés et a enseigné à cet égard l’histoire de l’Afrique dans plusieurs universités et écoles. Il a reçu en 1988 le prix Louis-Marin de l’Académie française pour son livre Huguenots et Français| ils ont fait l'Afrique du Sud.

Le président Tebboune, les Émirats arabes unis et le fantasme des 5.630.000 «martyrs»
La recherche effrénée du statut d’ancien moudjahid s’explique par le fait que les titulaires de la précieuse carte, ainsi que leurs ayants droit, perçoivent une rente de l’État, bénéficient de prérogatives, jouissent de prébendes et disposent de passe-droits.
Pourquoi l’Algérie est-elle intervenue au Niger?
Pour l’Algérie, le gazoduc transsaharien est une priorité car elle n’est pas en mesure, avec ses propres productions, de fournir l’UE qui s’est volontairement privée du gaz russe. Or, si le projet de gazoduc transsaharien aboutissait, l’Algérie pourrait exporter 30 milliards de m3 supplémentaires. Elle deviendrait alors le principal fournisseur de l’UE, ce qui changerait totalement ses moyens de pression sur cette dernière, notamment sur la question toujours prioritaire pour elle de la contestation de la marocanité du Sahara occidental.
Derrière Ceuta… le Sahara
La ruée migratoire sur l’enclave de Ceuta fut opportunément utilisée par l’Algérie pour planter un poignard dans le dos des «frères» marocains. Quel oubli du passé!
Quand une certaine presse espagnole confond l’Algérie et le Maroc
Héritière de l’Algérie française à laquelle elle doit son nom, ses frontières et toutes ses infrastructures, voilà que désormais, par détestation du Maroc, l’Algérie jusque-là «championne de l’anticolonialisme», se fait désormais le chantre de l’Empire espagnol. C’est en effet avec gourmandise que ses médias ont relayé une enseignante espagnole qui a osé dire que «jusqu’en 1957, le Royaume du Maroc n’existait pas».
De 788 à 1415, avant d’être portugaise puis espagnole, Ceuta-Sebta fut une ville marocaine
À l’opposé de la propagande espagnole qui se démène pour nier sa marocanité, la ville de Sebta a été administrée par l’État marocain, fondé par la dynastie des Idrissides, pendant plus de six siècles. En voici la preuve par l’Histoire.
Ceuta, Tanger, Oued el Makhazen, trois tentatives de conquêtes portugaises dans le nord du Maroc
La mort du roi Sébastien qui n’avait pas d’héritier plongea le Portugal dans une crise de succession qui aboutit, en 1580, à son union dynastique avec l’Espagne, Ceuta passant alors sous souveraineté espagnole.
Les «perles» de la fausse histoire algérienne
La France fixa donc les frontières sahariennes au profit de l’Algérie qui reçut ainsi en héritage la plus grande partie du Sahara sur lequel elle n’avait, par définition, jamais exercé la moindre souveraineté. Puis, une fois indépendante, l’Algérie se posa en héritière territoriale de la France, refusant de reconnaître que le Maroc, État existant depuis le huitième siècle, avait été territorialement amputé par l’ex-puissance coloniale au profit d’un État algérien venu au monde le 1er juillet 1962, c’est-à-dire douze cents ans après sa propre naissance…
Quand le Portugal occupait Mazagan et bloquait le détroit d’Ormuz
Durant plus d’un siècle, Ormuz, verrou stratégique, passage obligé entre le golfe persique et l’océan indien, point de contrôle des navires allant vers Bassorah, la Perse, l’Arabie et l’Inde, fut sous le contrôle du Portugal qui maintint une flotte et une garnison importantes à Ormuz et à Mascate.
Mali et Tindouf: l’Algérie face au mur de la réalité
À Tindouf, l’Algérie est pareillement au pied du mur. Ici également, mais avec le Polisario cette fois, il va en effet lui falloir faire un choix. Comme pour ce qui est des Touaregs, il apparaît désormais clairement que le Polisario qu’elle porte à bout de bras depuis des années lui pose maintenant des problèmes et constitue même un frein à ses véritables intérêts.
L’Algérie va-t-elle sacrifier les Touaregs du Mali sur l’autel du gazoduc transsaharien?
Le sud algérien est traditionnellement la caisse de résonance des problèmes sahéliens. Or, depuis plusieurs mois, l’Algérie se trouve piégée par les «dynamiques» régionales qu’elle ne contrôle plus.