Les caporaux ont dû avaler de travers devant le spectacle surréaliste offert lors du match amical contre l’Uruguay, au Juventus Stadium. La mise en scène, à elle seule, tient lieu de radiographie impitoyable d’un régime en phase terminale de crédibilité. Avant que le ballon ne daigne rouler, le cérémonial des hymnes a viré à la farce: le drapeau algérien, censé incarner la souveraineté et la dignité nationale, s’est retrouvé relégué à une version miniature. Une métaphore cruelle, de la place qu’occupe cet État sur la scène internationale. L’après-match a offert un second acte tout aussi édifiant. Les tribunes se sont transformées en vivier d’envahisseurs improvisés, déferlant sur la pelouse dans un désordre jubilatoire. C’est l’image d’un pays qui prétend à la respectabilité mais dont les représentations virent à la caricature, où l’amateurisme le dispute au ridicule.