Enseignement supérieur: les députés dénoncent l’insuffisance des cités universitaires, le ministre en appelle à la solidarité

Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le 11 mai 2025. (Y.Mannan/Le360)

Le 11/05/2026 à 19h51

VidéoLes députés, toutes tendances confondues, ont dénoncé lundi à la Chambre des représentants l’insuffisance des cités universitaires pour répondre aux besoins d’une large part des 1,3 million d’étudiants inscrits dans les universités marocaines.

Outre cette question, le débat a également porté sur la généralisation des bourses et sur l’indicateur social qui détermine l’éligibilité des étudiants à cette aide, lors de la séance des questions orales adressées au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui.

Le ministre a reconnu que la capacité des cités universitaires reste limitée à un total de 100.000 lits, un volume insuffisant pour satisfaire la demande. Il a émis l’espoir de voir d’autres acteurs sociaux, notamment les catégories aisées, le secteur privé et les opérateurs économiques, contribuer à surmonter ce problème aux côtés du ministère.

Répondant à la question de la généralisation des bourses, Azzedine El Midaoui a également reconnu la nécessité de revoir l’indicateur social qui détermine leur octroi. Mais, a-t-il souligné, la difficulté majeure demeure liée aux contraintes budgétaires. «Avec le temps et les moyens, nous prévoyons de généraliser progressivement cette bourse, dont le montant doit être revu», a déclaré le ministre, sans convaincre les députés de l’opposition.

À propos de la digitalisation de l’administration universitaire et de l’enseignement, le ministre a affirmé que la récente loi est venue encadrer juridiquement ce domaine et encourager l’enseignement à distance.

Le député du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Ahmed Abdi, a dénoncé le Registre social unifié (RSU), devenu selon lui l’unique critère d’attribution des bourses. «Pour bénéficier d’une bourse, il faut être inscrit au RSU. Cependant, ce registre pose plusieurs problèmes, notamment au niveau de l’indice, qui fluctue parfois par erreur ou selon d’autres paramètres, privant ainsi de nombreux étudiants de leur bourse», a-t-il déclaré.

Le parlementaire a cité l’exemple d’une famille de la classe moyenne, dont le père serait enseignant et qui compterait trois ou quatre enfants. Selon lui, à cause de cet indice, ces étudiants se retrouvent exclus du système des bourses. Ahmed Abdi a rappelé que le PPS préconise «la généralisation des bourses à tous les étudiants, particulièrement dans les zones rurales, enclavées et montagneuses, sans que cela soit lié à l’indice».

Abondant dans le même sens, le député du PAM Mohamed El-Hejira a estimé que le chantier du numérique facilitera la mission de la recherche scientifique, tout en exigeant «des efforts accrus pour contrôler la qualité des travaux de recherche et leur adéquation avec l’économie nationale et les attentes du Maroc».

«Nous considérons ce chantier, d’autant plus que notre pays dispose désormais de la stratégie nationale “Maroc Digital”, comme une priorité pour que notre pays devienne un pôle majeur de la transition numérique», a-t-il ajouté.

Entre pénurie de logements universitaires, critères sociaux contestés et contraintes budgétaires persistantes, la question estudiantine continue ainsi de renvoyer l’enseignement supérieur à l’un de ses déséquilibres les plus visibles.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 11/05/2026 à 19h51