Le Maroc franchit une étape majeure dans sa politique de l’eau en officialisant un accord-cadre ambitieux visant à développer une industrie nationale intégrée du dessalement de l’eau de mer. «Signé avec les principaux acteurs du secteur, ce partenariat s’inscrit dans une double logique: renforcer l’indépendance du Royaume face aux défis climatiques croissants et consolider sa souveraineté industrielle», explique le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 12 mai
Cette initiative repose sur une conviction partagée: le Maroc dispose désormais de l’expertise et des capacités nécessaires pour bâtir une filière compétitive, capable de répondre à la demande intérieure tout en se positionnant sur les marchés internationaux. «Cette stratégie permettra non seulement de garantir notre sécurité hydrique, mais aussi de créer de la valeur ajoutée locale et de renforcer notre autonomie industrielle», souligne un responsable du ministère de l’Équipement et de l’Eau, cité par la plateforme officielle Maadialna.
«Actuellement, le taux d’intégration locale dans le secteur du dessalement ne dépasse pas 30 à 35%», rappelle L’Economiste. Un plan a été lancé pour porter ce ratio à 70% d’ici la fin de la décennie, grâce à une coordination renforcée avec les partenaires industriels et institutionnels. Cette montée en puissance s’appuiera sur l’innovation, la recherche appliquée et le transfert de technologies afin de réduire la dépendance aux importations et de structurer une filière locale robuste.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme national de dessalement en pleine expansion. D’ici 2030, le Maroc ambitionne de porter sa capacité de production à 1,7 milliard de mètres cubes par an, contre 320 millions aujourd’hui. «L’objectif est de faire passer la part du dessalement dans l’alimentation en eau potable de 25% actuellement à 60% en 2030», souligne L’Economiste.
Plusieurs projets phares sont déjà en cours, avec la construction de nouvelles unités à Nador, Tanger, Rabat et Casablanca. Ces installations, d’une capacité totale de 540 millions de mètres cubes par an, devraient être opérationnelles avant 2027. Leur mise en service contribuera significativement à atteindre les objectifs fixés, tout en s’inscrivant dans une démarche de durabilité.
Conformément aux engagements environnementaux du Royaume, ces futures stations fonctionneront grâce aux énergies renouvelables. Cette approche s’aligne sur la stratégie nationale de transition énergétique et permet de garantir la soutenabilité environnementale du dessalement.
Par ailleurs, cette dynamique s’articule avec d’autres projets structurants, comme le port de Tan-Tan, dédié à l’exportation d’hydrogène vert et d’ammoniac. Cette convergence illustre la volonté du Maroc de lier sa politique hydrique à sa transition énergétique, tout en renforçant son positionnement sur les marchés internationaux.
Face aux défis posés par le changement climatique, le Royaume a adopté une approche intégrée combinant plusieurs axes. Il mise sur des contrats de gestion des nappes phréatiques afin de limiter l’extraction excessive et d’encadrer les puits anarchiques, tout en accélérant les interconnexions hydrauliques entre bassins, notamment le projet de liaison entre les bassins du Sebou et du Bouregreg. Le dessalement durable, systématiquement couplé aux énergies renouvelables, garantit la viabilité environnementale de cette stratégie, tandis que le renforcement institutionnel permet de diversifier les sources d’approvisionnement et de consolider la gouvernance du système hydrique national afin d’anticiper des scénarios climatiques plus sévères.




