Parlement: les députés passent au crible le rapport 2024-2025 de la Cour des comptes

Ahmed Touizi, chef du groupe parlementaire du PAM, Salwa Demnati de l'USFP, et Hassan Oumribat député du PPS (Y.Mannan/Le360).

Le 12/05/2026 à 15h01

VidéoPrésenté mardi 12 mai devant la Chambre des représentants par la Première présidente de la Cour des comptes, le rapport annuel 2024-2025 a ravivé les critiques sur la gestion des finances publiques et l’efficacité de plusieurs politiques publiques. Les débats parlementaires ont notamment porté sur les aides sociales, le stress hydrique, l’investissement public, la protection sociale et la gouvernance de secteurs stratégiques.

Le rapport annuel 2024-2025 de la Cour des comptes a suscité, ce mardi 12 mai, de vifs échanges au sein de la Chambre des représentants lors d’une séance plénière présidée par Rachid Talbi Alami, en présence de la Première présidente de l’institution, Zineb El Adaoui.

Opposition et majorité se sont affrontées autour des conclusions du rapport. Les groupes de l’opposition ont imputé au gouvernement la responsabilité des dysfonctionnements et irrégularités relevés par les magistrats financiers, tandis que les composantes de la majorité ont tenté d’en relativiser la portée, en insistant sur le caractère institutionnel du mécanisme de contrôle et de reddition des comptes.

Ce débat parlementaire s’inscrit dans le cadre du principe constitutionnel de reddition des comptes, qui confère au Parlement un droit de regard sur la gestion des finances publiques et l’évaluation des politiques publiques.

Les discussions ont porté sur plusieurs indicateurs majeurs, notamment le déficit budgétaire, l’endettement public, la gouvernance des programmes publics ainsi que l’efficacité de l’investissement public. Les députés ont également examiné les observations formulées par la Cour concernant les grands chantiers stratégiques, notamment la généralisation de la protection sociale, la politique d’investissement, les finances des collectivités territoriales ainsi que l’audit des comptes des partis politiques.

Les échanges ont également mis l’accent sur la rationalisation des dépenses publiques, le renforcement des mécanismes de transparence et l’application des recommandations de la Cour des comptes afin d’améliorer la performance de l’action publique.

Au nom du groupe de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), la députée Salwa Demnati a indiqué que plusieurs dysfonctionnements avaient été relevés dans les modalités de distribution des aides ainsi que dans les mécanismes de ciblage des bénéficiaires.

L’élue socialiste est également revenue sur les défis liés au stress hydrique, rappelant les épisodes sévères de sécheresse traversés par le Royaume. Elle a insisté sur «la nécessité de poursuivre la réalisation des projets structurants», notamment les barrages et les autoroutes de l’eau.

Sur le volet culturel, le groupe USFP a également mis en avant le déficit en infrastructures dédiées à la jeunesse, estimant que les jeunes manquent encore d’espaces favorisant la création, l’innovation et l’épanouissement culturel.

De son côté, le député du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Hassan Oumribet, a critiqué les réponses apportées par les membres du gouvernement lors de cette séance. «Nous constatons malheureusement que les réponses du gouvernement reposent systématiquement sur son propre bilan et reviennent toujours aux mêmes justifications liées aux crises, à la sécheresse, au séisme ou encore aux contraintes internationales», a-t-il déclaré.

À l’inverse, Ahmed Touizi, président du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité (PAM), a rappelé que cette séance s’inscrit dans un exercice institutionnel normal de contrôle parlementaire. Il a souligné que le rapport de la Cour des comptes fait l’objet d’une présentation par le Premier président, avant d’être discuté par les groupes parlementaires et les ministres concernés.

«Nous avons relevé des observations concernant plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’eau, l’enseignement supérieur, les énergies renouvelables, la santé et le commerce extérieur», a-t-il indiqué, précisant qu’il s’agissait de secteurs ayant fait l’objet de remarques spécifiques de la part des magistrats financiers.

Selon lui, cette séance permet précisément d’examiner les réponses du gouvernement face aux constats établis par la Cour des comptes.

Par Yassine Mannan et Mohamed Chakir Alaoui
Le 12/05/2026 à 15h01