Les efforts du Maroc pour se conformer aux réglementations internationales et européennes relatives à la décarbonation des ports ont fait l’objet d’un important colloque organisé, ce jeudi, par la Faculté de droit et d’économie de Rabat-Agdal.
L’événement, organisé en partenariat avec la Fondation allemande Konrad-Adenauer, a été marqué par plusieurs interventions de spécialistes, notamment celle de Rabii El Bacha, docteur en droit des énergies.
Selon les orateurs, les ports marocains, véritables carrefours logistiques vers l’Europe, disposent d’atouts importants pour réussir leur transition vers la décarbonation du transport maritime. Tanger Med, Nador et le futur port Dakhla Atlantique figurent parmi les plateformes appelées à jouer un rôle majeur dans cette transformation.
Selon Amine Benyseff, directeur de la décarbonation de Tanger Med, cette mutation s’inscrit dans un contexte marqué par les nouvelles taxes et exigences environnementales européennes, notamment le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) et le règlement FuelEU Maritime. Ces dispositifs imposent progressivement de nouvelles contraintes aux acteurs du commerce international et du transport maritime.
Le responsable a indiqué que 30% de l’énergie utilisée au port de Tanger Med est déjà d’origine électrique et propre. Il a également annoncé que deux grands véhicules équipés de batteries électriques seront expérimentés cet été dans le cadre des efforts de réduction des émissions. Il s’est toutefois refusé à détailler devant la presse les autres initiatives engagées par son établissement.
De son côté, le représentant résident au Maroc de la Fondation Konrad-Adenauer, Steven Höfner, a salué le partenariat avec la Faculté de droit de Rabat, en soulignant l’intérêt de ce débat pour les étudiants, les chercheurs et les acteurs académiques. Selon lui, la réflexion sur la décarbonation des ports permet de croiser les enjeux juridiques, économiques, environnementaux et industriels.
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La décarbonation désigne l’ensemble des actions et techniques visant à réduire ou éliminer les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Son objectif principal, a rappelé Rabii El Bacha, est de lutter contre le changement climatique en réduisant progressivement la dépendance aux énergies fossiles, notamment le charbon, le pétrole et le gaz.
Il faut rappeler que l’Accord de Paris a fixé une feuille de route claire: limiter le réchauffement climatique mondial bien en dessous de 2°C, et si possible à 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. Dans cette perspective, la décarbonation constitue un levier opérationnel fondamental pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
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Les organisateurs ont ainsi estimé que la transition énergétique des ports marocains ne relève plus seulement d’un choix environnemental, mais d’un impératif économique et stratégique. Dans un contexte où les échanges avec l’Europe sont appelés à intégrer de plus en plus fortement le coût carbone, la modernisation verte des infrastructures portuaires devient un facteur de compétitivité pour le Maroc.
Entre contraintes réglementaires européennes, investissements dans les énergies propres et adaptation des grandes plateformes logistiques, le Maroc avance progressivement vers la décarbonation de ses ports. L’enjeu dépasse la seule réduction des émissions: il s’agit aussi de préserver la compétitivité du commerce extérieur marocain dans un environnement mondial où le carbone devient, lui aussi, une frontière économique.




