Il aura suffi d’une étincelle invisible, d’un non-événement total, pour que la machine de propagande d’Alger s’enflamme jusqu’au délire. Alors que les Lions de l’Atlas brillaient sur le sol américain lors de leur seizième de finale de Coupe du monde face aux Pays-Bas, le régime algérien, rongé par son éternelle rancœur et son besoin viscéral de parasiter les succès de son voisin marocain, a cru trouver son filon. L’histoire? Un prétendu «drame national» monté de toutes pièces dans les laboratoires de la désinformation d’État.
À mettre au conditionnel en l’absence d’élément vérifiables d’information, les faits supposés, frisent pourtant le ridicule. Un jeune Algérien, arborant fièrement le maillot des Fennecs, aurait choisi délibérément de s’incruster au milieu de la marée rouge et verte des supporters marocains dans une fan zone à Boston. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux, pour peu qu’elles soient authentique, et font mine de scandaliser les médias officiels et l’armée de mouches électroniques d’Alger montrent simplement un individu qui dit vouloir supporter ses «frères marocains» et qu’on retrouve par la suite au sol, à supposer que ce soit lui, entouré de supporters marocains dont certains tentent, au contraire, de faire de l’espace pour le dégager.
Abdelmadjid Tebboune au chevet du néant
Mais en Algérie, le ridicule ne tue plus. Il gouverne. Saisissant ce prétexte fallacieux pour polluer l’ambiance festive et le rayonnement du Maroc aux États-Unis, le président Abdelmadjid Tebboune en personne est descendu dans l’arène médiatique. Par une déclaration télévisée d’une solennité grotesque, le chef de l’État a affirmé suivre «avec une attention soutenue» le cas du jeune Wassim, présenté comme un binational algéro-américain «victime d’une agression».
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Le président se félicite que «l’enfant» ait pu quitter l’hôpital, mobilise l’ambassadeur Sabri Boukadoum à Washington, évoque des enquêtes policières américaines et va jusqu’à offrir au jeune homme une invitation officielle pour assister au match Algérie-Suisse au Canada.
Pendant que le mystère reste entier et que les chiffres d’arrestations fictives enflent minute après minute sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux téléguidés d’Alger, la ficelle apparaît pour ce qu’elle est: énorme, grossière et désespérée. Quand un président de la République s’érige en coordinateur de cellule de crise pour un incident de fan zone à l’autre bout du monde, c’est que le régime n’a plus rien d’autre à offrir à son peuple que de la haine exportable.
L’hôpital qui se fout de la charité
Avant de vouloir inventer une brutalité imaginaire au public marocain, le régime d’Alger ferait mieux de balayer devant sa porte. Car s’il y a bien une violence qui s’exporte à l’échelle planétaire durant cette Coupe du monde 2026, c’est celle de ses propres ouailles, éduquées au biberon du ressentiment institutionnel.
Pendant que la présidence pleurniche sur le sort de Wassim à Boston, le monde entier assiste, médusé, aux véritables exactions des supporters algériens. Les exemples sont nombreux et sont, eux, richement documentés. En marge du match Algérie-Jordanie, le quartier d’Al Dafna à Doha a été transformé en champ de bataille. Chaises et tables de restaurant utilisées comme projectiles, bastonnades de rue...
Résultat? Une intervention musclée des forces de l’ordre qataries et 25 interpellations pour atteinte à la sécurité de l’État. À Doha, la tolérance zéro est de mise face à ce hooliganisme sauvage.
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Le 15 juin dernier, à la veille d’Algérie-Argentine, c’est le cœur de Manhattan qui a été pris d’assaut par des groupuscules de supporters algériens, obligeant la NYPD à charger pour protéger les touristes et les enfants terrorisés.
Après la déroute des Fennecs face à l’Albiceleste (3-0), le naufrage est devenu moral. Les images d’un supporter algérien se soulageant ostensiblement sur les sièges du stade, grand sourire face caméra, ont fait le tour du monde. Une profanation scatologique en mondovision, réplique exacte du comportement de l’influenceur algérien Raouf Belkacemi à Rabat lors de la CAN, condamné à trois mois de prison ferme.
Cette dérive comportementale n’a rien d’un hasard. Elle est le produit clinique d’une politique d’État. Confronté à une crise systémique interne et au verrouillage total de son espace public, le pouvoir militaro-politique d’Alger utilise le football comme un puissant dérivatif.
En saturant les esprits d’un nationalisme agressif, en injectant la culture de la rancœur et du complexe de persécution, le régime a transformé ses supporters en soldats d’une guerre psychologique imaginaire, comme le soulignait récemment une enquête rigoureuse du média canadien Western Standard.
L’affaire du «jeune Wassim» n’est que la énième itération de ce lavage de cerveau à grande échelle, portée cette fois publiquement par le chef de l’État. Mais à force de vouloir criminaliser le public marocain pour masquer le comportement destructeur de ses propres troupes et les échecs de son équipe, le régime algérien ne fait que confirmer sa faillite morale. La violence et le mensonge s’exportent peut-être, mais ils projettent sur l’Algérie une image indélébile: celle d’un État pyromane qui se drape dans le costume de la victime. Certainement en préparation de l’échec annoncé de sa sélection nationale devant la Suisse en 16ème de finale ou des débordements à venir au Canada sur lesquels Western Standard a sérieusement alerté.




