L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) «change de paradigme», relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 3 juillet. Lors de la clôture de la première édition du «Nazahathon 2026» à Rabat, le président de l’instance, Mohamed Benalilou, a souligné que «la lutte contre la corruption ne dépend plus uniquement des approches traditionnelles basées sur la législation, le contrôle et la sanction». Elle repose désormais sur «un système préventif axé sur l’innovation, la technologie, l’intelligence artificielle et l’intelligence collective, marquant ainsi une transition vers une gestion anticipative des risques de corruption», indique le quotidien.
Cet événement, «première concrétisation opérationnelle de la stratégie de l’INPPLC pour la période 2025-2030, vise à élargir le cercle des acteurs de l’intégrité en mobilisant les administrations publiques, le secteur privé, la société civile, les start-ups et les jeunes innovateurs». Le président a insisté sur le fait que «cette initiative n’est pas une simple compétition technique éphémère, mais un laboratoire national destiné à tester la capacité d’innovation collective et à concevoir des solutions numériques concrètes pour renforcer la transparence et la culture de l’intégrité au sein des institutions», relaie Al Ahdath Al Maghribia.
Des chiffres-clés témoignent de l’engagement qu’entraîne cette dynamique: l’INPPLC, ajoute le quotidien, «a reçu 128 projets provenant de diverses régions du Royaume. Après évaluation de 108 dossiers éligibles, le comité de sélection a retenu 25 initiatives pour la phase finale. Cette dernière étape a réuni environ 110 participants répartis en 13 équipes issues d’administrations publiques et d’organismes de gouvernance, 8 équipes d’universités et d’établissements d’enseignement supérieur, et 4 équipes de la société civile et de clubs». Avant la sélection finale, indique le quotidien, «un processus d’accompagnement à distance s’est déroulé du 8 au 24 juin, incluant des formations en gouvernance, lutte contre la corruption, innovation digitale, communication et marketing, suivies d’ateliers intensifs en présentiel pendant deux jours pour transformer les idées en prototypes viables», lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Selon le quotidien, «la nature des projets présentés illustre l’orientation de l’instance vers une ingénierie de la prévention. Les propositions se sont concentrées sur le développement d’outils numériques pour accroître la transparence et la traçabilité des services et des données. Elles incluent également la conception de systèmes d’alerte précoce et de détection des indicateurs de corruption, le développement d’outils d’analyse des risques et de cartographie de la vulnérabilité, ainsi que des applications de signalement et des plateformes de sensibilisation et de diffusion de la culture de l’intégrité».
La direction de l’INPPLC atteste que «cette démarche ne s’arrête pas au stade de la compétition, mais s’inscrit dans un cadre institutionnel pérenne, dans l’objectif immédiat est d’accompagner les projets prometteurs pour faire passer les prototypes initiaux à une phase d’adoption et de mise en œuvre concrète au sein des administrations et des institutions».
Mohamed Benalilou a exprimé «l’ambition de transformer le ‘Nazahathon’ en une plateforme nationale annuelle réunissant les acteurs publics, le secteur privé, les universités et la société civile autour d’un but unique: produire des solutions pratiques et durables pour instaurer la confiance et la transparence». De son avis, «le véritable succès de cette première édition réside dans l’émergence d’une nouvelle synergie nationale où l’intégrité, la technologie et l’intérêt général se rencontrent, ce qui amorce un passage progressif d’une logique de lutte contre la corruption a posteriori vers un système qui anticipe les risques et en réduit les opportunités avant qu’elles ne se matérialisent».




