De Guercif à Taourirt et Aghbal, la vision de Fouzi Lekjaa pour le développement territorial

Lors du discours de Fouzi Lekjaa à Taourirt, le 15 septembre 2026.

Le 16/09/2026 à 14h01

VidéoEn tournée dans l’Oriental, Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, a décliné sa feuille de route pour le développement territorial, de Guercif à Aghbal. Désenclavement du monde rural, connexion rapide au port de Nador West Med, renforcement des services de base... Le dirigeant politique a mis l’accent sur des réponses concrètes aux fractures territoriales. Il a défendu une vision à l’horizon 2031 qui place l’investissement productif, l’emploi des jeunes et la dignité sociale au cœur des priorités.

Le futur port de Nador West Med pourrait ouvrir à Guercif un nouvel accès vers la Méditerranée. C’est autour de cette perspective que Fouzi Lekjaa a articulé une partie de son intervention, mardi 15 septembre, en annonçant la réalisation d’une autoroute reliant Guercif à Nador.

Le membre du bureau politique du PAM veut ainsi rapprocher la province de ce qui doit devenir l’un des principaux pôles portuaires de la région. «Notre région va avoir un port en Méditerranée, un port qui sera au même niveau que Tanger, voire un peu plus», a affirmé Lekjaa.

Encore faut-il pouvoir y accéder facilement. C’est dans cette logique qu’il a insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation de la liaison autoroutière entre Guercif et Nador, présentée comme un moyen de rapprocher la province du futur complexe portuaire, mais aussi de faciliter la circulation des personnes et des marchandises. «L’autoroute qu’il faut accélérer pour désenclaver cette province», a-t-il lancé.

L’infrastructure routière n’est toutefois qu’une partie de l’équation. À Guercif, Lekjaa a également appelé à poursuivre l’aménagement des zones industrielles déjà créées, avec l’objectif d’y attirer davantage d’investissements et de créer des emplois pour les jeunes.

«Il faut continuer à aménager les zones industrielles déjà mises en place dans cette province, pour permettre aux jeunes de profiter des investissements qui y sont réalisés», a-t-il déclaré.

Le regard s’est ensuite tourné vers le littoral. Pour Lekjaa, la Méditerranée représente encore un potentiel à mieux exploiter pour l’Oriental, notamment à travers de nouveaux projets économiques et touristiques.

«Nous avons une magnifique mer Méditerranée qui peut offrir un grand souffle, accueillir des projets productifs sur cette côte et améliorer les conditions de vie», a-t-il déclaré.

À Guercif, la question du développement s’est aussi posée à travers celle des services publics, notamment de la santé. Lekjaa a pointé la concentration des patients au CHU d’Oujda, qu’il attribue aux difficultés rencontrées par plusieurs hôpitaux provinciaux de la région.

«Aujourd’hui, nous avons un centre hospitalier universitaire à Oujda, mais nous avons, dans les huit provinces de la région de l’Oriental, des hôpitaux provinciaux qui sont soit insuffisants, soit ne fonctionnent pas correctement. Et lorsque nous arrivons tous à Oujda, cet hôpital universitaire est saturé et ses services sont sous pression», a-t-il expliqué.

Pour Fouzi Lekjaa, il s’agit de renforcer les structures de santé de proximité afin d’éviter que les patients des différentes provinces ne soient systématiquement orientés vers Oujda. Selon lui, l’enjeu dépasse la seule capacité d’accueil des établissements.

«La santé, ce n’est pas seulement permettre au citoyen marocain de trouver un traitement. Il faut aussi lui garantir sa dignité, parce que lorsqu’il va à l’hôpital, il est déjà dans une situation difficile: soit il est malade, soit il accompagne quelqu’un qui l’est», a-t-il ajouté.

L’eau constitue un autre point de tension dans la province, notamment pour les agriculteurs. «Le véritable problème de l’agriculture et de l’agriculteur, c’est de leur garantir l’eau», a-t-il déclaré.

Deux options ont été avancées: renforcer la mobilisation des eaux de surface grâce à de petits barrages ou étudier le raccordement de la province à la future station de dessalement de Nador.

«Soit nous construisons de petits barrages, qui permettent de créer une réserve et de la préserver, soit nous nous mettons d’accord sur la station de dessalement. Mais, évidemment, il faut réaliser les études nécessaires», a-t-il précisé.

Le discours de Guercif a également porté sur les revenus et l’emploi. Lekjaa a notamment défendu la réforme de l’impôt sur le revenu, présentée par le PAM comme un moyen d’augmenter le revenu disponible des salariés.

«Nous avons aujourd’hui réalisé une réforme de l’impôt pour que celui qui gagne un peu plus puisse avoir 1.500, 2.000 ou 3.000 dirhams supplémentaires par mois, afin de pouvoir faire face aux difficultés de la vie et aux dépenses quotidiennes», a-t-il affirmé.

L’enseignement figure dans le même chapitre. Lekjaa estime que le système doit davantage préparer les jeunes à leur insertion professionnelle. Plus largement, il a appelé à bâtir une relation de confiance entre les citoyens et les responsables politiques.

«Nous ne pouvons pas réussir si nous ne nous faisons pas confiance. Il faut une confiance mutuelle, fondée sur l’engagement, parce que le programme devient un contrat entre vous, les citoyens, et les responsables politiques», a-t-il déclaré.

De Guercif à Taourirt, le même constat sur les disparités territoriales

À Taourirt, Fouzi Lekjaa a déplacé le curseur vers les difficultés rencontrées dans les zones rurales de l’Oriental. Infrastructures, routes, santé, enseignement et pouvoir d’achat ont occupé une large place dans son intervention.

«Dans le monde rural, les choses sont encore pires», a-t-il relevé, en évoquant les écarts qui persistent dans l’accès aux services publics.

Les routes occupent une place particulière dans ce constat. Pour Lekjaa, leur rôle ne se limite pas à relier les communes entre elles. Elles conditionnent aussi les déplacements quotidiens des habitants et l’acheminement des productions agricoles.

«Pour que les gens puissent aller travailler et mettre leurs marchandises sur la route, il faut nécessairement aménager les voies dans le monde rural», a-t-il déclaré.

À Taourirt, la question du coût de la vie est également revenue au premier plan. Lekjaa a notamment évoqué les retraités dont les pensions restent, selon les exemples cités dans son intervention, comprises entre 1.200 et 1.500 dirhams après plusieurs décennies de travail.

Le PAM propose de porter la pension minimale à 3.000 dirhams. Cette proposition figure également parmi les principales mesures sociales mises en avant par le parti durant la campagne.

Les aides sociales ont également été évoquées. Lekjaa a défendu une aide pouvant atteindre 1.000 dirhams pour les ménages concernés, tout en plaidant pour son maintien lorsqu’un bénéficiaire reprend une activité professionnelle et est déclaré. «Si tu vas travailler et que tu es déclaré, je ne vais pas te retirer les 1.000 dirhams», a-t-il expliqué.

À Aghbal, Lekjaa appelle à «une nouvelle pratique politique»

À Aghbal, le ton a changé. Fouzi Lekjaa a davantage insisté sur la relation entre les responsables politiques et les citoyens, en appelant à maintenir le contact avec les habitants en dehors des périodes électorales.

«On ne peut pas venir une semaine avant les élections, prendre les voix des gens et repartir à Rabat», a-t-il déclaré. «Nous avons besoin d’une nouvelle pratique politique», a-t-il ajouté.

Le membre du bureau politique du PAM a rappelé la relation qu’il dit avoir construite avec les habitants de la région au fil des années.

«Depuis plus de vingt ans, j’ai construit une relation de confiance avec les gens à travers le travail, le don de soi et la sincérité», a-t-il déclaré.

Il a aussi promis de revenir dans la province après la campagne et de poursuivre les échanges directement avec les habitants.

«Je vais revenir dans cette province», a-t-il assuré, évoquant des visites dans les quartiers, les villages et même les cafés afin de s’informer des problèmes rencontrés et de chercher des solutions.

Santé, enseignement, emploi et coût de la vie ont de nouveau été cités parmi les préoccupations auxquelles il entend s’attaquer. Lekjaa a également évoqué le potentiel touristique de la région et les possibilités qu’il pourrait, selon lui, offrir aux jeunes.

«Il y a de vrais problèmes», a-t-il reconnu, tout en critiquant une présence politique qu’il juge trop ponctuelle dans certaines communes. Il a notamment dénoncé les déplacements limités à une visite médiatique, sans suivi durable sur le terrain.

Le renouvellement de la vie politique a également trouvé sa place dans son intervention. Lekjaa a appelé à donner davantage de place aux jeunes et à faire émerger de nouvelles énergies.

«Nous avons besoin de sérieux et de personnes qui portent les problèmes dans leur cœur», a-t-il déclaré.

Il a enfin projeté son discours à l’horizon 2031. «Nous ne voulons pas continuer à parler des mêmes choses, de la santé, des routes et des problèmes de base», a-t-il affirmé, appelant à créer davantage d’opportunités pour les jeunes et à faire en sorte que les effets du développement soient visibles dans les territoires.

Son discours s’est achevé par un appel à voter le 23 septembre. «Pour réussir ce travail, il faut que vous nous fassiez confiance par le vote», a-t-il affirmé.

Par La Rédaction
Le 16/09/2026 à 14h01