La brigade régionale de la police judiciaire de Fès enquête, depuis ce lundi 14 août, sur un grave scandale de traite d’êtres humains dans une maison de bienfaisance dont les pensionnaires sont des mineurs. Dans son édition du mercredi 16 septembre, le quotidien Assabah rapporte que ce scandale a pour théâtre la maison de bienfaisance dite «Complexe El Wafaa», sise dans le quartier Narjiss à Fès. Alors qu’elle devait se consacrer à l’intégration sociale d’enfants abandonnés, cette maison a vu plusieurs membres de son personnel s’adonner à l’exploitation de ces enfants dans la délinquance crasse. Certains ont ainsi été obligés de se prostituer, d’autres de voler dans les quartiers environnants, quand ils ne sont pas filmés dans des vidéos explicites diffusées sur les réseaux sociaux.
Parmi les personnes placées en garde à vue par la police judiciaire, on retrouve deux anciens directeurs de cette institution caritative, une surveillante générale, un responsable financier, un membre de l’association qui supervise la maison de bienfaisance, deux assistantes sociales, deux encadrants et un agent de sécurité. Quant aux personnes poursuivies en liberté provisoire, elles comprennent une ancienne directrice de la maison de bienfaisance, une ancienne présidente de l’association, un fonctionnaire de la Solidarité nationale, un encadrant, une assistante sociale et une couturière.
Toutes ces personnes sont interrogées depuis lundi matin dans les locaux de la brigade régionale de la police judiciaire de Fès. Elles sont accusées d’abus de pouvoir à des fins de traite d’êtres humains, de personnes exploitées dans la prostitution et les vols à main armée. Tous ces actes de délinquance commis par ces mineurs ont pour théâtre soit l’enceinte de l’institution même où ils résident, soit l’espace allant de l’avenue El Wafaa jusqu’au grand stade de Fès.
Cette affaire a éclaté au grand jour lorsque les riverains de la maison de bienfaisance ont pris en flagrant délit certains pensionnaires dans leur lieu même de résidence, alors qu’une grande partie de l’institution avait été fermée à la suite de problèmes, dont certains d’ordre financier. L’intervention de la police a permis de dévoiler que plusieurs pensionnaires avaient été jetés à la rue et que nombre d’entre eux étaient apparus dans des vidéos explicites diffusées depuis la Turquie sur les réseaux sociaux.




