La flambée des prix du poulet s’installe

À Casablanca, le kilogramme de poulet s’échange désormais entre 22 et 24 dirhams au détail, tandis qu’en gros, les tarifs oscillent entre 17 et 17,50 dirhams. . DR

Revue de presseLe marché avicole marocain fait face à un net rebond des prix, avec un kilogramme de poulet négocié entre 22 et 24 dirhams au détail à Casablanca. Conséquence directe des lourdes pertes essuyées par les éleveurs au printemps et de la contraction de l’offre, cette envolée tarifaire met en lumière les fragilités structurelles de la filière, en attendant un rééquilibrage progressif espéré d’ici la fin de l’automne. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 15/09/2026 à 19h33

Après plusieurs mois d’accalmie et de chute drastique des cours, le marché marocain de la volaille fait face à un net rebond des prix. À Casablanca, le kilogramme de poulet s’échange désormais entre 22 et 24 dirhams au détail, tandis qu’en gros, les tarifs oscillent entre 17 et 17,50 dirhams. «Ce retournement de situation, qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, met en lumière la forte cyclicité et les fragilités structurelles de la filière avicole nationale», indique le magazine Finances News Hebdo.

Pour comprendre cette flambée soudaine, il faut remonter à la période précédant l’Aïd Al-Adha. À cette époque, la production nationale tournait à plein régime, atteignant un rythme hebdomadaire de 12 à 12,5 millions de poussins. Dans le même temps, la demande s’était nettement repliée, provoquant une surabondance inédite sur le marché. Cette saturation avait entraîné un effondrement des cours à la production, les éleveurs devant brader leur marchandise entre 6 et 8 dirhams le kilogramme, tandis que le prix du poussin chutait lui aussi à des niveaux critiques, entre 0,30 et 0,50 dirham l’unité.

Selon Mustapha Montasser, président de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles, cité par Finances News, «ces pertes colossales ont laissé des traces profondes. Étranglées par la crise, de nombreuses exploitations ont tout bonnement renoncé à renouveler leurs élevages au cours des mois de mai et de juin». Pire encore, face à la dépréciation du poussin, certains couvoirs ont liquidé de manière anticipée leurs reproductrices, amputant durablement les capacités productives du secteur. Ce sont ces décisions de survie prises au printemps qui produisent aujourd’hui leurs effets, se traduisant par une raréfaction manifeste des volumes disponibles sur les étals en ce mois de septembre.

Face à ces soubresauts, les consommateurs devront s’armer de patience. Les tensions sur les prix risquent fort de persister sur le marché durant tout le reste du mois de septembre ainsi que la première quinzaine d’octobre. Toutefois, une embellie se profile à l’horizon. La fin du mois d’octobre devrait marquer le retour progressif des éleveurs dans le cycle de production, permettant un rééquilibrage de l’offre. Si les prévisions se confirment, les tarifs pourraient ainsi amorcer une décrue significative pour s’établir autour de 12 à 14 dirhams le kilogramme à l’horizon des mois de novembre et décembre.

En attendant cette normalisation, cette crise relance le débat sur la nécessité de structurer durablement le secteur. Pour prémunir le marché contre cette volatilité chronique, les professionnels du secteur plaident avec insistance pour le développement des abattoirs industriels et le renforcement des capacités de stockage frigorifique. «L’idée directrice est de pouvoir absorber les surplus de production en période de surabondance pour les réinjecter ultérieurement lors des phases de pénurie», lit-on dans Finances News.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la filière de la dinde, quant à elle, traverse cette tempête sans encombre. Ses prix demeurent stables, oscillant entre 15 et 16 dirhams le kilogramme. Une résilience qui s’explique par une meilleure organisation de la chaîne de valeur, la filière de la dinde s’appuyant de manière significative sur les abattoirs industriels et les unités frigorifiques, qui couvrent environ 80% de son activité et lui permettent de lisser efficacement les chocs conjoncturels.

Par La Rédaction
Le 15/09/2026 à 19h33