La question des stocks de carburants revient ainsi au cœur du débat électoral. Le programme du Parti authenticité et modernité (PAM) prévoit de porter à trois mois de consommation nationale le stock réglementaire, alors que la réglementation actuelle impose déjà aux opérateurs de disposer de réserves équivalentes à deux mois.
Interrogé sur la possibilité de parvenir à cet objectif alors que le respect du stock réglementaire actuel demeure problématique, notamment au regard des difficultés rencontrées par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, Adil El Bitar a directement mis en cause le chef du gouvernement.
«Les Marocains savent la réponse. Le Chef du gouvernement profite bien de cette situation. Le Chef du gouvernement contrôle 45% du marché des carburants au Maroc», a-t-il affirmé lors de son passage dans Grand Format-Le360.
Une déclaration qui fait écho à la polémique récurrente autour de la concentration du marché des hydrocarbures et des conclusions de la commission d’enquête parlementaire mise en place en 2018 pour examiner les prix des carburants et les conditions de leur commercialisation.
Cette commission avait notamment travaillé sur la structure du marché, les marges réalisées par les opérateurs et l’impact de la libéralisation des prix sur les consommateurs.
Pour El Bitar, la question relève d’abord de la volonté politique. «Nous, nous ne dirigeons pas le gouvernement pour que la ministre puisse imposer au Chef du gouvernement un programme déterminé», a-t-il lancé, en référence à l’actuelle ministre de la Transition énergétique, issue du PAM.
Le responsable du parti du Tracteur assure que la situation serait différente si son parti était aux commandes. «Quand nous allons diriger le gouvernement, nous allons imposer ce programme visant trois mois de stocks réglementaires», affirme-t-il.
L’objectif est présenté comme une mesure de sécurité énergétique destinée à donner au Maroc une marge de manœuvre plus importante en cas de perturbation des marchés internationaux.
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Adil El Bitar souligne notamment la faiblesse des réserves de certains produits pétroliers. Il affirme que le stock de kérosène a pu tomber à des niveaux équivalant à une dizaine de jours de consommation.
«Si nous disposions de stocks suffisants, nous aurions au moins une marge de temps pour protéger le citoyen contre les hausses brutales des prix du baril sur le marché international», estime-t-il, en citant notamment la guerre en Ukraine et les tensions dans le détroit d’Ormuz.
Pour constituer ces réserves supplémentaires, le PAM entend par ailleurs exploiter les capacités de stockage disponibles au niveau de la raffinerie Samir à Mohammedia. «Nous proposons d’ouvrir la raffinerie de la Samir de sorte à pouvoir louer les bacs de stockage de la raffinerie de Mohammedia», explique-t-il.
Il considère par ailleurs qu’une partie du prix payé par les consommateurs devrait normalement contribuer au financement du renforcement des capacités de stockage des opérateurs. Mais cette mesure, pourtant prévue par la réglementation, reste elle aussi lettre morte.




