Pêche maritime: épuisement inquiétant des stocks

Un bateau de pêche dans les eaux marocaines.

Revue de presseRétrogradé de la treizième à la quinzième place mondiale par le nouveau rapport de la FAO, le Maroc voit sa production halieutique marquer le pas. Entre pressions climatiques, menaces de la pêche illégale et exigences des marchés internationaux, le Royaume lutte pour préserver ses écosystèmes tout en restant le troisième fournisseur de l’Union européenne. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 13/09/2026 à 20h09

Le secteur de la pêche au Maroc traverse une phase de turbulence qui se traduit par un recul notable sur l’échiquier mondial. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture paru en 2026, le Royaume a perdu deux places au classement des vingt-cinq principaux producteurs mondiaux d’animaux aquatiques dans le domaine des captures marines, glissant du treizième au quinzième rang. «Cette contre-performance trouve son origine dans l’essoufflement de la production nationale, qui s’établit désormais à près de 1,39 million de tonnes pour l’année 2024, soit 1,7% du volume mondial, loin des performances enregistrées en 2022, où le pays culminait à plus de 1,54 million de tonnes et pesait 2% du total mondial, indique le quotidien L’Economiste dans son édition du lundi 14 septembre.

Cette tendance baissière marque un coup d’arrêt pour une filière qui affichait pourtant une dynamique de croissance historique. Entre 1980 et 2022, les volumes halieutiques nationaux étaient passés de 463.000 tonnes à plus de 1,54 million de tonnes, avant de subir une chute brutale en 2023 à environ 1,38 million de tonnes, suivie d’une timide reprise l’année suivante. Derrière ces fluctuations chiffrées se cache une réalité plus complexe sur le terrain, où les professionnels du secteur ne cachent plus leur inquiétude. Comme le souligne Omar Akouri, secrétaire général de la Confédération marocaine des armateurs industriels de la pêche pélagique, cité par L’Economiste, «le secteur subit une situation conjoncturelle critique. Les acteurs économiques doivent faire face à une convergence de menaces structurelles, au premier rang desquelles figurent les bouleversements climatiques qui modifient les écosystèmes marins, conjugués à la persistance d’une pêche illégale qui fragilise dangereusement les stocks halieutiques locaux».

Malgré ces vents contraires et la baisse des ressources dans ses eaux territoriales, le Maroc conserve une position stratégique sur les marchés internationaux, en particulier en Europe. Sur la scène mondiale, l’Union européenne s’est affirmée en 2024 comme le premier marché de destination pour les produits aquatiques, avec des importations globales atteignant 63,2 milliards de dollars, dont 32 milliards proviennent de pays extérieurs au bloc communautaire.

Dans ce paysage concurrentiel, le Royaume tire son épingle du jeu en se positionnant comme le troisième fournisseur de l’Union européenne, juste derrière la Norvège et l’Équateur. «Les flottes et usines marocaines alimentent ainsi le marché européen en espèces à forte valeur ajoutée telles que les calmars, les seiches et les poulpes, ainsi qu’en dérivés de la filière comme la farine de poisson», souligne L’Economiste.

À l’échelle planétaire, la configuration de la production reste dominée par une poignée de nations, les captures marines mondiales ayant atteint 79,6 millions de tonnes en 2024. La Chine continue de survoler la concurrence en s’accaparant la première place mondiale avec près de 11,8 millions de tonnes, soit 14,8% du volume global, portée par la richesse de ses zones du Pacifique Nord-Ouest et l’essor de sa pêche hauturière. Aux côtés de l’Indonésie, du Pérou, de la Russie, de l’Inde, des États-Unis et du Viêt Nam, ces sept géants de la mer continuent de s’approprier plus de la moitié des captures de la planète, illustrant les défis colossaux qui attendent les producteurs de taille intermédiaire comme le Maroc pour préserver leur compétitivité et leurs ressources menacées.

Par La Rédaction
Le 13/09/2026 à 20h09