La Commission européenne a renouvelé, à l’attention du Maroc, sa disposition à engager des négociations en vue d’un nouvel accord de partenariat durable dans le domaine de la pêche maritime. Cette initiative intervient alors que l’ancien protocole, arrivé à échéance, n’a pas été prorogé. Toutefois, l’institution bruxelloise s’abstient de fixer une date précise pour l’ouverture des discussions, précisant que cette éventualité demeure subordonnée à la disponibilité exprimée par les autorités marocaines, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 17 août.
Un porte-parole de l’Exécutif européen a réaffirmé l’attachement de l’UE à un «partenariat durable, global et approfondi» avec le Royaume, tout en soulignant qu’«aucun échéancier n’était arrêté pour l’instant, ni pour les négociations proprement dites, ni pour les échanges techniques». Cette source a également déclaré que «l’Union était prête à négocier dès que le Maroc le sera».
Par ailleurs, la Commission indique avoir finalisé l’évaluation, tant rétrospective que prospective, du protocole précédent. Ce bilan a permis de révéler les résultats obtenus ainsi que les axes d’amélioration, lesquels serviront de base à la position européenne lors des futures discussions. Bruxelles précise qu’elle tiendra compte de la raréfaction de plusieurs espèces halieutiques ciblées par la flotte communautaire, et qu’elle œuvrera à la conclusion «d’un accord conforme aux arrêts de la Cour de justice de l’UE, et propre à garantir des résultats justes et équitables pour l’ensemble des parties prenantes».
Cette prise de position intervient sous la pression croissante du secteur de la pêche, particulièrement en Espagne, dont la flotte —et plus encore les palangriers— a été lourdement affectée par la suspension de l’accord. La Confédération espagnole des pêches (Cepesca) n’a cessé d’appeler au renouvellement du protocole, arrivé à son terme en juillet 2024, tout en alertant sur les conséquences économiques pour des navires dépourvus d’alternatives suffisantes.
Le différend entre les deux parties s’inscrit dans la continuité de l’arrêt rendu en 2021 par la Cour de justice de l’UE, qui avait annulé les accords de pêche et agricole entre l’UE et le Maroc au motif qu’ils incluaient les eaux du Sahara marocain, relaie Al Ahdath Al Maghribia. Cette décision a été confirmée en appel en 2024. L’accord précédent, signé en 2019, avait été suspendu en juillet de la même année.
Dans le feu de la controverse, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait déclaré que Rabat définirait ses prochaines démarches sur la base de sa propre évaluation. D’autres sources marocaines ont, depuis, souligné que tout nouvel accord devrait explicitement inclure les eaux du Sahara marocain et refléter au mieux les intérêts stratégiques du Royaume.




