Croissance 2026 revue à la hausse: Nadia Fettah mise sur une «transformation structurelle» de l’économie marocaine

Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'Économie et des finances, lors d'une séance plénière consacrée à la présentation du PLF 2023.

Nadia Fettah, ministre de l'Économie et des finances.

Comme le prévoit la loi organique relative aux lois de finances, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, a présenté ce mercredi 22 juillet devant le Parlement un exposé détaillé sur l’exécution de la loi de finances 2026, le cadre de préparation du PLF 2027 ainsi que la programmation budgétaire triennale 2027-2029. Tour d’horizon des principaux enseignements.

Le 22/07/2026 à 19h06

En ouverture, la ministre a décrit un environnement mondial marqué par un ralentissement de la croissance, sous l’effet des tensions géopolitiques et des mutations technologiques.

Elle a notamment évoqué la volatilité persistante des prix de l’énergie. «Le cessez-le-feu conclu en juin 2026 a ramené le Brent autour de 70 dollars le baril. La reprise des opérations militaires le 13 juillet a toutefois relancé les cours, confirmant la fragilité de l’accalmie», a-t-elle souligné.

Sur le plan national, Nadia Fettah a mis en avant une «transformation structurelle de la croissance», portée par la reprise progressive de l’agriculture et la solidité des activités non agricoles.

Après un taux de croissance proche de 5% en 2025, malgré des chocs externes et des années de sécheresse, l’économie marocaine confirme sa dynamique. Au premier trimestre 2026, la valeur ajoutée agricole a bondi de 18,4%, contre 8,1% un an auparavant. En parallèle, les activités non agricoles ont ralenti à 3%, affectées temporairement par de fortes précipitations ayant perturbé plusieurs secteurs, notamment le BTP, la pêche et le transport maritime.

Croissance revue à la hausse pour 2026

La ministre anticipe une amélioration des perspectives économiques pour l’année en cours. La croissance devrait atteindre 5,3% en 2026, soit 0,7 point de plus que les prévisions initiales de la loi de finances.

Cette progression serait tirée par une forte reprise agricole (+15,1%) et par la résilience des activités non agricoles (+4,2%). L’investissement et la demande intérieure continuent également de jouer un rôle moteur.

Dans ce contexte, l’inflation resterait maîtrisée, autour de 1,5% en 2026 et 2% en 2027, malgré des pressions importées.

Concernant l’emploi, la ministre a relevé une évolution jugée favorable. L’économie nationale a créé 193.000 emplois nets en 2025, soit la meilleure performance depuis 2006, hors effet de rattrapage post-Covid en 2021.

Si le taux de chômage reste élevé à 13%, Nadia Fettah estime que les indicateurs confirment une amélioration progressive du marché du travail. Elle a toutefois reconnu la persistance de difficultés structurelles, notamment pour les jeunes, les femmes et les diplômés, ainsi qu’en milieu rural.

Sur le plan des finances publiques, la ministre s’est félicitée de la réduction du déficit budgétaire à 3,5% du PIB en 2025, en nette amélioration par rapport à 2020.

Cette évolution s’explique par la bonne tenue des recettes fiscales et non fiscales, soutenue par la réforme du système fiscal, sans hausse de la pression fiscale. Ces ressources ont permis de financer à la fois les projets structurants, les engagements sociaux, la généralisation de la protection sociale et la préparation des grandes échéances sportives.

Nadia Fettah a également souligné que l’expérience marocaine en matière de réforme fiscale est désormais présentée par le FMI comme un modèle régional, fondé sur l’élargissement de l’assiette, la rationalisation des dépenses fiscales et la modernisation de l’administration.

Le rapport sur les dépenses fiscales recommande notamment de poursuivre la réforme de la TVA, en simplifiant son régime et en réduisant les exonérations, tout en renforçant les mécanismes de protection sociale.

Pour la prochaine phase, trois priorités ont été fixées: évaluer l’efficacité des dépenses fiscales, accélérer la digitalisation de l’administration fiscale et développer la fiscalité foncière et environnementale.

Un déficit maîtrisé à 3% en 2026

À fin juin 2026, les indicateurs budgétaires montrent une amélioration par rapport à la même période de 2025. La dynamique des recettes devrait permettre de maintenir le déficit à 3% du PIB à la clôture de l’année, conformément aux objectifs fixés.

S’agissant de la dette, la tendance est à la baisse. Le ratio d’endettement a reculé à 66,6% du PIB en 2025, soit une diminution cumulée de 5,6 points depuis 2020.

Le FMI considère la dette marocaine comme soutenable, grâce notamment à sa maturité longue et à sa faible exposition au risque de change.

Pour 2027, la croissance est attendue à 4,1%, avant de se stabiliser autour de 4,2% sur la période 2028-2029.

La trajectoire budgétaire prévoit le maintien du déficit à 3% du PIB, ce qui permettrait de réduire progressivement le ratio de dette à environ 63% à l’horizon 2029.

«Cette orientation renforcera la soutenabilité de la dette et la reconstitution des marges de manœuvre budgétaire», a conclu Nadia Fettah.

Par Wadie El Mouden
Le 22/07/2026 à 19h06