Provinces du Sud: les nouveaux leviers de la compétitivité économique

Sur une superficie de 60.000 mètres carrés, Mazeej Mall, à Laâyoune, accueille des enseignes locales, nationales et internationales.

Revue de presseEntre infrastructures stratégiques, transition énergétique et intégration africaine, les Provinces du Sud s’imposent comme un pôle économique majeur. Zakaria Fahim, patron de BDO Maroc, analyse les moteurs de cette transformation, les chantiers prioritaires pour séduire les investisseurs internationaux et sa vision du territoire à l’horizon 2035. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 22/07/2026 à 17h55

Alors que les Provinces du Sud s’imposent progressivement comme un nouveau pôle d’attractivité économique, les investisseurs s’interrogent sur les véritables moteurs de cette dynamique. Entre infrastructures structurantes, transition énergétique, logistique et amélioration du climat des affaires, les opportunités se multiplient. Dans un entretien accordé au magazine hebdomadaire Challenge, Zakaria Fahim, patron de BDO Maroc, dont le cabinet est implanté à Laâyoune depuis plus de dix ans, livre son analyse des leviers de compétitivité de ce territoire en pleine mutation. Pour lui, la concurrence ne se joue plus seulement sur les incitations fiscales, que de nombreux territoires proposent aujourd’hui. Il estime que la véritable différence reposera sur la convergence de trois éléments essentiels: la lisibilité juridique, la connectivité réelle et la profondeur du capital humain.

Sur le plan juridique, des avancées majeures sécurisent désormais les investisseurs, notamment grâce à la Charte 03-22 et à la garantie de transfert des dividendes, renforcées par une dynamique diplomatique offrant une visibilité à long terme. Parallèlement, la connectivité devient une réalité tangible avec l’achèvement de la voie express Tiznit-Dakhla et la montée en puissance attendue du port Dakhla Atlantique d’ici 2028. Mais le dirigeant insiste avant tout sur l’importance de la réalisation concrète sur le terrain. «Un territoire n’attire pas parce qu’il promet, il attire parce qu’il livre», souligne-t-il, ajoutant que l’ambition n’a de valeur que lorsqu’elle se traduit en réalisations effectives.

Concernant les secteurs offrant aujourd’hui le meilleur retour sur investissement, Zakaria Fahim recommande de bien distinguer les horizons temporels. À court et moyen termes, la valorisation halieutique et la logistique se démarquent particulièrement. La région de Dakhla-Oued Eddahab, qui concentre près de 65% du potentiel national exploitable en matière de pêche, offre des rendements rapides avec des tickets d’investissement accessibles. La logistique bénéficie quant à elle des nouvelles infrastructures transformant la région en véritable porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest. En revanche, l’hydrogène vert s’inscrit dans une autre temporalité. Bien qu’il représente un potentiel de création de valeur massif avec plus de 215 milliards de dirhams de projets, il s’agit d’un investissement de long terme, lit-on dans Challenge. «Il ne faut pas confondre le meilleur rendement d’aujourd’hui avec le plus grand potentiel de demain», précise-t-il avec pragmatisme.

Malgré cette dynamique positive, des freins persistent et nécessitent une attention particulière. Un investisseur cherchant avant tout une bonne lisibilité du risque, quatre chantiers prioritaires émergent. Il s’agit d’améliorer la fluidité des procédures d’accès au foncier industriel, de garantir l’approvisionnement en eau et en énergie fiable, de combler l’écart de compétences du capital humain local, et enfin de renforcer l’accompagnement post-création. S’il salue les progrès de la digitalisation permettant de créer une entreprise en ligne en quelques jours, il rappelle que le climat des affaires se juge sur toute la durée d’exploitation de la société, face aux délais de paiement ou à l’accès au financement. «La digitalisation est une condition, pas une conclusion», affirme-t-il, plaidant pour le passage d’un simple guichet de création à un guichet unique couvrant toute la vie de l’entreprise.

Fort de son statut de pionnier dans la région, le patron de BDO Maroc a vu les Provinces du Sud passer d’une simple marge géographique à une façade atlantique hautement connectée. À l’horizon 2035, sa vision est celle d’un territoire agissant comme la porte atlantique du Maroc vers l’Afrique de l’Ouest, avec Dakhla comme hub majeur de transbordement adossé à la dynamique de la ZLECAf. Le Maroc abordant l’Afrique comme un partenaire et non comme un simple marché, l’objectif ultime dépasse la seule réussite économique. «La véritable réussite sera atteinte le jour où Laâyoune et Dakhla ne seront plus citées comme des exceptions, mais comme des références», conclut-il, dessinant ainsi le futur d’une région en plein essor.

Par La Rédaction
Le 22/07/2026 à 17h55