Réunis le 19 juillet 2026 à Freetown, les chefs d’État membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont franchi un pas décisif pour l’avenir énergétique du continent en signant l’Accord intergouvernemental encadrant le projet de Gazoduc Africain Atlantique.
Cette signature concrétise l’aval donné lors de la session ordinaire de la CEDEAO de décembre 2024 à Abuja et s’inscrit dans le prolongement du mémorandum conclu en septembre 2022. «Né de la vision commune portée par le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian, feu Muhammadu Buhari, puis réaffirmée par le président Bola Ahmed Tinubu, ce chantier d’envergure est piloté conjointement par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Limited)», indique le quotidien L’Economiste du 22 juillet.
L’achèvement des études d’ingénierie détaillées, des campagnes de reconnaissance du tracé, des évaluations environnementales ainsi que la mise en place des cadres juridiques et commerciaux permet aujourd’hui d’amorcer la phase opérationnelle de cette infrastructure. Conçu comme un véritable corridor énergétique continental, le gazoduc reliera le Nigéria au Maroc en desservant treize pays de la façade atlantique, tout en offrant des interconnexions aux États enclavés du Sahel.
En se raccordant au Gazoduc Maghreb-Europe, au nord du Royaume, l’ouvrage permettra d’acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, dont une partie sera destinée au Maroc et le reste au marché européen.
Avec un débit quotidien de près de 3 milliards de pieds cubes de gaz naturel, le projet ambitionne de devenir un puissant catalyseur de développement économique. «En offrant un accès à une énergie fiable et compétitive, cette infrastructure soutiendra l’industrialisation, la transformation locale des ressources naturelles, la valorisation des minerais stratégiques ainsi que le développement de nouvelles chaînes de valeur créatrices d’emplois», souligne L’Economiste.
La feuille de route opérationnelle prévoit la création prochaine d’une société de projet basée à Casablanca ainsi que l’installation, à Abuja, de l’autorité de gouvernance du gazoduc. Ces deux entités auront pour mission de piloter la mobilisation des investisseurs avant la décision finale d’investissement. Cette ultime étape fera l’objet d’une cérémonie organisée au Maroc, au cours de laquelle le Royaume et la Mauritanie signeront conjointement l’accord en présence du président nigérian.
Présente lors de la signature à Freetown, Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, a qualifié cet accord de jalon majeur traduisant un engagement collectif en faveur de l’intégration régionale, de la sécurité énergétique et d’une prospérité partagée. Elle a souligné que ce projet s’inscrit pleinement dans l’Initiative Royale pour l’espace Atlantique africain et le désenclavement du Sahel.
De son côté, Bashir Bayo Ojulari, dirigeant de NNPC Limited, a salué une avancée souveraine indispensable à la concrétisation de la vision stratégique portée par le président Bola Ahmed Tinubu et a réaffirmé la fierté de son groupe de conduire ce projet structurant aux côtés du Maroc.




