Gazoduc Africain Atlantique. «Après l’adhésion de la CEDEAO, le projet passe à sa phase d’exécution», selon Zakaria Firano

Zakaria Firanon, enseignant à l'Université Mohammed V de Rabat. (Y.Mannan/Le360)

Le 20/07/2026 à 19h32

VidéoAprès l’adhésion des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le projet du Gazoduc Africain Atlantique, qui traversera treize pays d’Afrique, entame sa phase de réalisation, a estimé ce lundi Zakaria Firano, professeur d’économie à l’Université Mohammed V de Rabat.

«Il s’agit d’un projet qui nécessite un investissement de 25 milliards de dollars et qui va contribuer à l’inclusion économique de l’Afrique de l’Ouest».

L’idée du gazoduc a été lancée en 2016 par le roi Mohammed VI lors d’une visite historique à Abuja, avec l’ancien président du Nigeria, Muhammadu Buhari. Dimanche dernier à Freetown, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé un accord intergouvernemental approuvant et encadrant la construction du gazoduc devant relier le Nigeria au Maroc, baptisé Gazoduc africain atlantique (AAGP).

«Cette consécration est très importante car elle rallie toute l’Afrique de l’Ouest à ce projet énergétique qui assurera le développement de cette partie africaine, y compris les pays du Sahel, et livrera aussi une garantie d’approvisionnement en gaz à l’Europe», a ajouté le professeur d’économie, avant d’indiquer qu’une prochaine conclusion d’un accord englobera la Mauritanie et le Maroc, deux pays non membres de la CEDEAO.

«Je pense que la signature et l’adhésion des 15 pays de la CEDEAO, qui n’est pas une organisation mineure mais le pilier économique de l’Afrique de l’Ouest, constituent l’un des socles les plus importants pour le développement économique du continent africain», a souligné Zakaria Firano.

Il a, en outre, précisé que le projet aura deux sièges, l’un à Abuja et l’autre à Casablanca, pour superviser le bon fonctionnement du gazoduc Nigeria-Maroc-Europe. «Cela montre que nous avons dépassé la phase d’études. Nous passons à l’opérationnalisation avec des échéances claires. Le projet devrait entrer en service en 2031 pour un investissement de 25 milliards de dollars. Ce gazoduc contribuera à la cohésion économique et sociale réelle», a affirmé l’universitaire de la Faculté de l’économie et du droit Rabat-Agdal.

Il a conclu en expliquant que ce projet «n’est plus seulement celui du Maroc, mais celui de la CEDEAO, de l’Afrique de l’Ouest et, plus largement, de l’ensemble de l’Afrique».

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 20/07/2026 à 19h32