Gazoduc Nigeria-Maroc: la Cedeao donne le feu vert au plus grand projet d’intégration énergétique d’Afrique

Un gazoduc offshore. Photographie d'illustration.

Un gazoduc offshore (Photographie d'illustration). . DR

Revue de presse Réunis dimanche 19 juillet à Freetown, les chefs d’État de la Cedeao ont franchi une étape historique en signant l’accord intergouvernemental qui concrétise le projet géant de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc. Véritable levier de prospérité partagée estimé à 23 milliards d’euros, cette infrastructure colossale de près de 6.000 kilomètres traversera treize pays pour alimenter l’Afrique de l’Ouest, les pays du Sahel et l’Europe, positionnant le continent comme un acteur majeur et souverain sur la scène énergétique mondiale. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 20/07/2026 à 19h59

Réunis en sommet ordinaire à Freetown, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont franchi une étape décisive pour l’avenir énergétique du continent. «Dimanche 19 juillet, les dirigeants de l’organisation ont formellement signé un accord intergouvernemental validant le projet colossal du gazoduc devant relier le Nigeria au Maroc», indique le magazine Jeune Afrique.

Long de près de 6.000 kilomètres, ce serpent d’acier longera la façade atlantique et traversera pas moins de treize pays africains. Son ambition est d’acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian vers le Royaume, avant de se connecter au Gazoduc Maghreb-Europe afin d’approvisionner le marché continental et le marché européen.

Dans une allocution empreinte d’enthousiasme, le président de la Sierra Leone et président en exercice de l’organisation régionale, Julius Maada Bio, a salué cet événement historique, invitant les populations africaines à ne pas être surprises lorsque cette ressource viendra directement alimenter leurs foyers. L’infrastructure vise en effet à désenclaver les marchés régionaux en reliant les riches gisements d’Afrique de l’Ouest aux grands bassins de consommation. «Selon les déclarations conjointes de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), ce projet ne se limite pas à l’intégration des réseaux énergétiques locaux ; il crée un véritable corridor de développement socio-économique reliant l’Afrique de l’Ouest, les pays du Sahel, le Maroc et l’Europe», souligne Jeune Afrique.

La signature intervenue dans la capitale sierra-léonaise ouvre désormais la voie aux prochaines étapes institutionnelles et financières. Il s’agira, dans un premier temps, de structurer l’architecture du projet par la création d’une société dédiée, qui sera installée à Casablanca, ainsi que par la mise en place d’une autorité supérieure de régulation, la Pipeline Higher Authority, dont le siège sera établi à Abuja. Ces deux entités auront pour mission de piloter la mobilisation des investisseurs internationaux afin de parvenir à la décision finale d’investissement. Selon les précisions apportées par l’ONHYM, les travaux devraient débuter en 2028, avec un objectif de premières livraisons à l’horizon 2031.

Pour la directrice générale de l’organisme public marocain, Amina Benkhadra, ce Gazoduc Africain Atlantique constitue un levier durable de sécurité énergétique, de développement industriel et de valorisation des ressources naturelles locales au service d’une prospérité partagée. L’origine de ce mégaprojet remonte à 2016, sous l’impulsion du roi Mohammed VI lors d’une visite officielle à Abuja destinée à renforcer les partenariats Sud-Sud.

La dynamique s’est ensuite accélérée dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques régionales, notamment après l’arrêt, en 2022, du contrat d’approvisionnement du Gazoduc Maghreb-Europe traversant le territoire marocain. Dans un paysage mondial fragilisé par la volatilité des cours des hydrocarbures depuis le déclenchement du conflit en Ukraine, ce mégaprojet, estimé à 23 milliards d’euros, s’impose désormais comme un axe géostratégique majeur pour renforcer l’autonomie énergétique et l’intégration économique du continent africain.

Par La Rédaction
Le 20/07/2026 à 19h59