La réforme des Centres régionaux d’investissement (CRI) et la création des Commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI) franchissent une étape décisive pour dynamiser le climat des affaires au Maroc. En adoptant le décret n° 2.26.564, le gouvernement soumet un signal particulièrement fort aux investisseurs nationaux et internationaux, leur garantissant un parcours d’investissement territorial désormais plus lisible, mieux encadré et considérablement accéléré, indique le quotidien L’Économiste de ce lundi 17 août.
Publié au Bulletin officiel n° 7530 du 30 juillet 2026, ce texte modifie et complète le décret n° 2.19.67 du 17 avril 2019, pris initialement pour l’application de la loi n° 47.18. Signé par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et contresigné par les ministres de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, de l’Investissement Karim Zidane, ainsi que par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, le décret s’inscrit dans une démarche globale de rationalisation administrative et de clarification des circuits décisionnels.
Parmi les évolutions majeures, l’article 4 du décret soumet désormais explicitement les CRI aux dispositions du décret relatif aux marchés publics du 8 mars 2023. Cette mise en conformité met fin à une zone grise juridique et aligne le fonctionnement des centres régionaux sur les standards de transparence et de compétitivité régissant l’ensemble des organismes publics. Par ailleurs, le règlement intérieur de la Commission régionale unifiée d’investissement doit être approuvé par l’autorité de tutelle, renforçant ainsi le contrôle hiérarchique, écrit L’Économiste.
Sur le plan institutionnel, le texte abroge et remplace les articles 7 et 8 du décret initial pour instituer une Commission ministérielle des recours. Présidée par le chef du gouvernement, celle-ci rassemble les autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, du Secrétariat général du gouvernement, des Finances et de l’Investissement. Le président conserve la faculté d’y convier toute autre autorité concernée par les dossiers inscrits à l’ordre du jour. Le secrétariat de cette commission est quant à lui confié au ministère de l’Investissement, avec pour attributions la réception des recours, la préparation des réunions, la notification des décisions et la gestion des archives.
Pour épauler cette instance, le décret crée une Commission technique d’instruction des dossiers auprès de la Commission ministérielle. Placée sous la présidence de la tutelle, elle rassemble les représentants des départements clés ainsi que des experts indépendants si nécessaire, afin d’étudier en détail les recours et d’émettre des avis éclairés. Concernant la signature des conventions d’investissement, le dispositif associe désormais directement le wali de région, le représentant régional du ministère de l’Économie et des Finances, les délégués des ministères concernés et l’investisseur.
Cette refonte administrative intervient à un moment stratégique où l’investissement public demeure le principal moteur de la croissance nationale. Selon les prévisions du Budget économique exploratoire 2027 du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’investissement brut, porté par les grands chantiers d’infrastructure et la dynamique des entreprises publiques, devrait progresser de 9,5% en 2026 pour atteindre 35,2% du PIB, avant de se stabiliser à une hausse de 4,8% en 2027. Cette dynamique soutient fortement la demande intérieure, en dépit d’un besoin de financement évalué à 3,9% du PIB, lit-on encore dans le quotidien.
Dans cette optique, la note de cadrage du projet de loi de finances (PLF) 2027 impose une rigueur accrue pour optimiser chaque dirham investi. Les priorités sont clairement définies : concrétiser les instructions royales, honorer les engagements internationaux et accélérer le développement des territoires les plus vulnérables, notamment les zones rurales, montagneuses et oasis. En parallèle, l’État conditionne le versement des subventions aux établissements et entreprises publics (EEP) à l’avancement réel des projets sur le terrain, poursuivant une stratégie offensive d’investissement tout en préservant scrupuleusement la stabilité des équilibres macroéconomiques.




