Le nouveau mécanisme de fixation et de révision des prix des médicaments, récemment entré en vigueur, a pour objet principal le réajustement des tarifs applicables aux spécialités de référence, aux génériques et aux biosimilaires, après une décennie d’application des règles antérieurement établies en 2013. Conformément aux orientations énoncées par le ministère de la Santé, ce dispositif entend poursuivre un double objectif: réduire le coût des traitements pour les patients et alléger, par ricochet, la charge financière qui pèse sur les ménages.
«Une attention particulière est accordée aux médicaments génériques et biosimilaires, dont les prix se trouvent désormais indexés sur ceux des princeps, assortis de pourcentages de minoration minimaux appliqués au prix départ usine, hors taxes et hors droits» rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 17 août. Le texte comporte, par ailleurs, des dispositions précises visant à encadrer les modifications de conditionnement ou de dosage, afin d’empêcher que de telles adaptations ne soient détournées en vue d’une hausse déguisée des tarifs. Il prévoit également l’instauration de nouvelles règles destinées à resserrer les écarts entre les prix de vente au public et ceux pratiqués pour les médicaments à usage hospitalier.
Parmi les avancées les plus notables figure la révision triennale, contre quinquennale auparavant, des prix des médicaments originaux, sur la base d’une comparaison avec plusieurs pays de référence, assortie de seuils et de plafonds de réduction garantissant une incidence tangible pour le consommateur. Le nouveau système impose aux autorités compétentes d’achever ce processus de révision dans un délai maximal de douze mois à compter de sa publication au Bulletin officiel.
Cependant, les prix en officine ne connaîtront pas de modification immédiate: le marché national du médicament traversera une phase transitoire qui s’étendra sur l’année à venir. Durant cette période, une révision progressive de l’ensemble des médicaments sera menée, avant la publication des listes actualisées et leur entrée en vigueur effective dans les pharmacies.
Ce nouveau cadre n’a pas manqué de susciter de vives inquiétudes, voire une franche désapprobation, de la part des syndicats représentant les pharmaciens et les professionnels de santé. Ces derniers ont mis en garde contre les possibles conséquences sur la sécurité médicamenteuse et la pérennité des officines de proximité, tout en déplorant que le gouvernement ait fait fi des nombreuses observations et propositions émises durant les phases préparatoires du texte. Ils tiennent néanmoins à réaffirmer leur soutien à toute réforme sincèrement destinée à réduire le prix des médicaments onéreux, à élargir l’accès aux soins et à garantir la viabilité des caisses d’assurance maladie.
Ils regrettent toutefois que la méthodologie retenue par les pouvoirs publics ne réponde pas aux exigences d’un dialogue véritablement partenarial. À leurs yeux, les réunions de concertation n’ont revêtu qu’un caractère purement formel, et leurs conclusions n’ont guère trouvé d’écho dans la version définitive du décret.




