Colère des pharmaciens, suite aux nouveaux prix des médicaments

Des médicaments dans une pharmacie.

Revue de presseTrès critiques envers le nouveau décret adopté par le gouvernement sur la tarification à la baisse de certains médicaments, les pharmaciens expriment leur colère. Selon eux, c’est la santé des patients qui se retrouve menacée par la disparition de certains médicaments, à cause de leur rendement économique, jugé quasi-nul. Cet article est une revue de de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 02/08/2026 à 18h11

La réforme du secteur de la santé, un chantier voulu par le roi Mohammed VI, passe aussi par la normalisation des prix et l’accès des malades aux médicaments, aussi bien ceux produits localement que ceux importés. Al Ahdath Al Maghribia, dans son édition de ce lundi 3 août, annonce l’adoption par le Conseil de gouvernement d’un projet de décret modifiant et amendant les conditions et modalités de fixation des prix publics des médicaments, locaux ou importés.Le quotidien signale également que cette nouvelle nomenclature vise surtout à adapter leurs prix face à l’élargissement du réseau des bénéficiaires de différents systèmes d’assurance maladie.

Cette nouvelle décision gouvernementale a été accueillie par les syndicats représentant les pharmaciens d’officine par de fortes craintes, de la colère et des rejets. Les pharmaciens mettent en garde contre «les répercussions négatives de cette décision sur la sécurité locale des médicaments et la stabilité des pharmacies de proximité» et accusent le gouvernement, en particulier le ministère de la Santé et de la protection sociale, d’avoir complètement ignoré les différentes propositions et remarques présentées par les professionnels du secteur du médicament tout au long des différentes étapes de la confection du texte du nouveau projet de décret.

Malgré ces critiques, les syndicats qui les représentent précisent qu’ils soutiennent toute réforme visant à faire baisser les prix de tout médicament jugé trop cher, tout comme ils soutiennent toute mesure facilitant l’élargissement de l’accès des citoyens aux soins, et veillent à la pérennité des caisses d’assurance-maladie. Cependant, ils se disent aussi critiques envers l’approche adoptée par le ministère de la Santé qui n’aurait pas, de leur avis, respecté les règles du dialogue participatif. Tout ce qui a été convenu entre les professionnels du médicament et le ministère de la Santé ne s’est répercuté sur la mouture finale du texte que vient d’adopter le gouvernement. Dans leur évaluation du décret, les pharmaciens estiment que ce texte, amendé et modifié par le gouvernement, ne résout pas les dysfonctionnements relevés par le décret de 2013, car il réédite ces mêmes dysfonctionnements. De ce fait, il est à craindre, selon leur raisonnement, que la distribution de médicaments à bas prix ne soit caractérisée par des ruptures permanentes, s’ils ne disparaissent pas totalement des officines ou du marché local, à cause de la faiblesse de leur rendement économique, aussi bien pour les industriels que pour les distributeurs. L’approvisionnement des malades en médicaments essentiels pourrait s’en ressentir, surtout pour les malades chroniques.

De son côté, le ministère de la Santé résume les visées de ce nouveau texte par la nécessité de permettre le large accès des patients aux médicaments, tout en allégeant également la facture pour les caisses d’assurance-maladie.

Par La Rédaction
Le 02/08/2026 à 18h11