Modernisation économique: le virage du numérique et de l’intelligence artificielle

Le Maroc réoriente sa stratégie vers le cloud, les technologies souveraines et le capital humain.

Revue de presseAprès avoir bâti son attractivité sur des infrastructures physiques majeures, le Royaume réoriente sa stratégie vers le cloud, les technologies souveraines et le capital humain. Avec la feuille de route Digital Morocco 2030 et l’essor de l’intelligence artificielle, le pays entend transformer ses investissements technologiques en un puissant moteur de productivité et d’emplois qualifiés. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 02/08/2026 à 20h03

Après avoir structuré son attractivité économique autour de grands chantiers physiques, des autoroutes aux infrastructures portuaires de pointe, en passant par les plateformes industrielles et la transition énergétique, le Maroc franchit un cap décisif dans la modernisation de son modèle de croissance. «L’émergence de la donnée, de l’intelligence artificielle, des technologies en nuage et le développement du capital humain constituent désormais la nouvelle armature stratégique du Royaume», indique le magazine Finances News Hebdo.

L’adoption de la feuille de route Digital Morocco 2030 témoigne de cette rupture conceptuelle. Le numérique y est appréhendé non plus comme un secteur d’activité autonome ou marginal, mais comme un moteur transversal destiné à irriguer l’administration, le tissu productif et le marché du travail. Cet effort se traduit par un engagement financier public en forte hausse, les ressources allouées à la transformation digitale étant passées de 11 millions de dirhams en 2021 à plus de 1,7 milliard de dirhams en 2024.

Lors de sa présentation à Agadir, le gouvernement a réaffirmé que cette transition constituait un levier essentiel pour stimuler l’économie et générer des emplois à forte valeur ajoutée pour la jeunesse. L’enjeu réside désormais dans la mise en œuvre opérationnelle de ces mesures, la dématérialisation des services administratifs, l’accompagnement des entreprises et la structuration de l’écosystème des jeunes pousses devant se traduire par des gains de productivité mesurables, une réduction des coûts de transaction et une réelle facilitation du quotidien économique.

Sur le plan des infrastructures immatérielles, la mise en service de la région Oracle Cloud à Casablanca en 2026, suivie du projet de Settat, concrétise ce changement de dimension. «En offrant aux acteurs publics et privés un accès local à des architectures informatiques avancées, tout en garantissant le stockage des données sur le territoire national, le pays consolide sa souveraineté numérique», écrit Finances News. Cette dynamique est renforcée par l’implantation de centres de recherche et développement à Casablanca et à Agadir, créant un pont direct entre l’ingénierie de haut niveau et la formation universitaire. La maîtrise locale des capacités de calcul et de stockage conditionne la capacité du Royaume à préserver son indépendance technologique, à condition toutefois que l’ensemble du tissu économique, des grands groupes industriels aux petites et moyennes entreprises, s’approprie pleinement ces outils.

L’intelligence artificielle s’impose comme le cœur de ce nouveau cycle de développement. À travers la stratégie AI Made in Morocco 2030, l’objectif est d’édifier des solutions technologiques souveraines et adaptées aux réalités nationales. Comme l’a rappelé Amal El Fallah Seghrouchni devant les instances de l’ONU, l’assimilation des technologies existantes ne saurait suffire sans la constitution de compétences propres, de jeux de données locaux et d’un cadre de gouvernance adapté. Pour le Maroc, le défi consiste à intégrer ces outils dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation, l’agriculture et les services publics, tout en créant des modèles capables de traiter l’arabe, la darija et l’amazigh.

Cette transformation repose fondamentalement sur le capital humain. La formation dans les domaines de la donnée, de la cybersécurité et du cloud constitue la condition essentielle de cette transition. «Cette orientation fait écho aux directives royales exprimées lors de la première Journée nationale de l’industrie, au cours de laquelle le roi Mohammed VI rappelait que l’ambition industrielle repose avant tout sur le renforcement des compétences et sur un rapprochement étroit entre le monde universitaire, la recherche et l’entreprise», souligne Finances News.

Si le Maroc s’est doté des jalons institutionnels et matériels nécessaires, la phase d’exécution déterminera la réussite globale du projet. La valeur de cette transformation se mesurera à la capacité du pays à convertir ces investissements en brevets, en entreprises compétitives à l’export et en créations d’emplois durables, tout en assurant le financement des start-up et la diffusion de l’innovation au sein des PME.

Par La Rédaction
Le 02/08/2026 à 20h03