Souveraineté numérique: le cadre législatif sous tension

Amal El Fellah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et la Réforme de l'administration. (A.Gadrouz/Le360)

Revue de presse Alors que l’AUSIM et PwC présentaient à Rabat la troisième édition de leur baromètre sur la maturité cyber, la ministre de la Transition numérique a révélé qu’un projet de loi crucial sur la résilience numérique peine à aboutir. Entre des menaces accélérées par l’intelligence artificielle et les enjeux de gouvernance des données, la cybersécurité s’impose plus que jamais comme une priorité stratégique et un enjeu de souveraineté pour le Royaume. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 20/07/2026 à 19h34

Lors de la présentation, à Rabat, de la troisième édition de l’AUSIMètre, le baromètre de la maturité cyber des organisations marocaines élaboré par l’Association Des Utilisateurs Des Systèmes D’Information Au Maroc (Ausim) et PwC, les débats ont mis en lumière les défis majeurs liés à la souveraineté numérique.

L’événement a été marqué par la révélation d’Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, concernant un projet de loi fondateur sur la résilience numérique, baptisé loi X.0. «La ministre a confié que ce texte peine à aboutir, car il dérange beaucoup de monde, tout en affirmant mener le combat pour qu’il voie le jour», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 21 juillet. Élaboré avec plusieurs institutions nationales, ce cadre réglementaire repose sur les principes de sécurité et de protection de la vie privée dès la conception des projets.

Au-delà de la défense des infrastructures, la souveraineté numérique repose désormais sur la préservation des données. Un constat partagé par Mohamed Saad, président de l’AUSIM, qui rappelle que la résilience constitue un impératif national face aux tensions géopolitiques et à l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Ce changement de paradigme transforme une question autrefois cantonnée aux services informatiques en une priorité stratégique relevant de la gouvernance globale, au même titre que les risques financiers ou réglementaires.

La transformation du paysage technologique impose d’adapter l’ensemble des politiques numériques. La ministre a souligné la complexité du déploiement de ces réformes dans un contexte national marqué par des écarts de connectivité et de culture numérique, plaidant pour une approche globale alliant formation, acculturation et soutien à l’innovation. «Jamal Basrire, associé chez PwC, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de réviser les stratégies cyber traditionnelles afin d’intégrer davantage d’automatisation et d’intelligence artificielle face à des menaces en constante évolution», souligne Les Inspirations Eco.

Pour accompagner cette transition, l’AUSIM a publié un Livre blanc qui dresse une feuille de route à l’intention des décideurs. Le document aborde les enjeux du cloud, de la maîtrise des données et de la réversibilité des services, tout en traitant de la pénurie de compétences à travers la formation continue et le re-skilling. Il préconise un pilotage fondé sur des indicateurs précis afin d’évaluer le niveau de risque et l’efficacité des investissements. En conclusion, les intervenants ont appelé à une mobilisation collective des administrations, des entreprises et des experts pour faire de la sécurité des données un levier durable de performance et de souveraineté.

Par La Rédaction
Le 20/07/2026 à 19h34