À l’approche de l’échéance législative du 23 septembre pour l’élection des membres de la Chambre des représentants, le ministère de l’Intérieur marocain a dévoilé une série de directives royales d’une grande fermeté. Transmises par le Souverain au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, ces orientations visent à garantir, de manière absolue, l’intégrité et la transparence du prochain scrutin. Pour donner corps à cette volonté royale, le ministère de l’Intérieur a tenu une réunion élargie avec les dirigeants et responsables des partis politiques afin de leur présenter la feuille de route électorale et de faire le bilan de la révision des listes électorales générales, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 16 juillet.
Au centre de ce dispositif de contrôle, figure la réactivation de la Commission centrale de suivi des élections. Cette instance de haut niveau réunit le ministre de l’Intérieur et le procureur général du Roi près la Cour de cassation, en sa qualité de président du ministère public. Elle s’est vu confier la mission essentielle de veiller à la régularité et à la sincérité de toutes les étapes du processus électoral. Pour assurer un maillage efficace sur l’ensemble du territoire national, cette commission centrale s’appuiera sur des déclinaisons locales. Des commissions régionales, composées du wali et du procureur général du Roi, ainsi que des commissions provinciales et préfectorales, réunissant le gouverneur et le procureur du Roi, seront ainsi chargées de superviser le bon déroulement des opérations sur le terrain.
Cette coordination étroite et précoce a pour objectif de surveiller chaque phase électorale, depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation définitive des résultats. Les autorités se préparent à faire face avec la plus grande rigueur à tout dépassement ou infraction susceptible d’altérer la liberté et la transparence du vote. Les walis et gouverneurs sont particulièrement mobilisés pour veiller à la stricte application de la loi et garantir une neutralité absolue de l’administration vis-à-vis de l’ensemble des candidats, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Parallèlement aux mesures de contrôle, le ministère de l’Intérieur mise sur une modernisation technologique d’envergure pour simplifier et sécuriser le dépôt des candidatures. Un plan organisationnel inédit, qualifié par les observateurs d’expérience pionnière, a été présenté aux partis politiques. Ce schéma repose sur une transition numérique quasi totale pour la gestion des candidatures à la Chambre des représentants. L’administration cherche ainsi à moderniser le système électoral, à consacrer la transparence et à apporter une clarté totale à la gestion des dépôts de dossiers de candidature, éliminant ainsi les lourdeurs administratives habituelles.
La nouvelle plateforme numérique mise en place constitue l’épine dorsale de cette réforme de simplification. Le ministère a d’ores et déjà annoncé l’adoption d’un portail électronique innovant et obligatoire pour le dépôt préalable des déclarations de candidature. Cette plateforme sera ouverte dès le 31 août à huit heures du matin et continuera d’enregistrer les demandes numériques jusqu’au 8 septembre à midi. Cette phase en ligne sera immédiatement suivie par la remise physique des dossiers papier originaux aux autorités compétentes, une étape indispensable pour s’assurer de la parfaite concordance des données informatiques avec les documents officiels.
Pour roder le système et éviter toute mauvaise surprise technique le jour J, le ministère prévoit d’organiser une phase de simulation de la plateforme. Durant six jours, les mandataires de listes pourront tester l’outil en conditions réelles, permettant ainsi aux équipes techniques d’évaluer la robustesse du réseau et de corriger d’éventuelles anomalies avant le lancement officiel des inscriptions, souligne Al Ahdath Al Maghribia.
Le calendrier de la campagne électorale est lui aussi rigoureusement encadré. Selon les détails fournis aux représentants des partis, la période de dépôt officiel des dossiers s’étalera du 31 août au 8 septembre. Dès la clôture de cette phase, la campagne électorale s’ouvrira officiellement le 10 septembre pour s’achever la veille du scrutin, soit le 22 septembre à minuit. Les Marocains seront ensuite appelés aux urnes le mercredi 23 septembre pour élire leurs représentants à la première Chambre du Parlement.
Concernant les conditions d’éligibilité et les pièces administratives requises, les candidats doivent présenter des dossiers complets comprenant notamment une accréditation de leur parti politique, un justificatif de paiement de la caution financière, des photographies récentes, ainsi qu’une copie de leur carte nationale d’identité électronique et un extrait de casier judiciaire. Le rapport ministériel met également l’accent sur des dispositions particulières concernant les Marocains résidant à l’étranger désireux de se présenter, qui devront fournir des documents consulaires spécifiques confirmant leur statut de résident et un casier judiciaire vierge de leur pays d’accueil. De plus, des mesures d’accompagnement sont prévues pour faciliter la candidature des personnes en situation de handicap, leur permettant de bénéficier des mécanismes d’appui financier destinés à encourager leur représentativité politique.
La présentation a consacré un volet crucial aux règles strictes encadrant le financement public des campagnes électorales. Pour prétendre aux subventions de l’État, les formations politiques devront scrupuleusement respecter les règles de dépenses, notamment par l’obligation d’ouvrir des comptes bancaires dédiés et de justifier chaque dépense de manière rigoureuse sous la supervision directe des organes de contrôle financier compétents de l’État.




