Le Parlement ayant officiellement clos son quinquennat, le gouvernement se trouve lui aussi contraint de se muer en gestionnaire des affaires courantes. «Or, comment gérer cette étape cruciale entre deux mandats, alors qu’une bonne poignée de ministres se sont portés candidats aux législatives du 23 septembre 2026», se demande le quotidien Assabah dans sa livraison datée du mercredi 15 juillet.
En effet, des voix s’élèvent au sein de l’échiquier politique et de la société civile pour exiger que ces ministres remplissent d’abord leurs missions gouvernementales, plutôt que de consacrer la majeure partie de leur temps à la campagne électorale, dans laquelle certains se sont déjà lancés avant même qu’elle ne commence officiellement, tout en profitant de l’aura de leur portefeuille ministériel.
Cette situation est perçue par de nombreux critiques comme un abus de fonction. Ceux-ci estiment que ces ministres doivent choisir entre se consacrer à une campagne électorale anticipée ou se concentrer sur leur mission gouvernementale. Ils craignent également que les ministres candidats consacrent des enveloppes financières ou des projets de dernière minute aux circonscriptions électorales où ils se présentent, ce qui constitue une entorse au principe de l’égalité des chances ainsi qu’à celui de l’équité électorale entre les différents candidats.
La fin du mandat parlementaire ne doit en aucun cas être synonyme de laisser-faire pour les ministres, car cela constituerait une atteinte au bon déroulement des élections et à leur transparence. D’autant plus que des ministres occupant des portefeuilles stratégiques sont déjà dans les starting-blocks des législatives, à l’instar d’Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, qui se présente à Ouezzane. Il en va de même pour Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Rhamna), Mohamed Bensaid, ministre de la Culture (Océan, Rabat), et Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement (Sidi Ifni).
«Même des secrétaires d’État et d’autres hauts commis de l’État sont engagés dans la course aux législatives. Ces critiques à l’égard des ministres candidats aux élections sont d’autant plus justifiées que les expériences du passé ont montré que la fonction et les moyens de l’État ont été utilisés par certains au profit de leur candidature ou de leur parti», conclut Assabah.




