Au lendemain de la fête nationale française, le Premier ministre Sébastien Lecornu entame une visite officielle de deux jours au Maroc, marquant une étape décisive dans la refondation des relations bilatérales. Ce déplacement intervient alors que le Roi Mohammed VI a adressé un message au président Emmanuel Macron, soulignant que les deux nations ont inauguré une phase historique pour ériger leur partenariat d’exception en une référence d’avenir. «Ce rapprochement stratégique doit notamment préparer une future visite royale en France, durant laquelle sera signé un traité consacrant cette alliance renforcée», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 15 juillet.
Pour son premier voyage officiel dans le Royaume depuis sa prise de fonctions en 2025, Sébastien Lecornu est accompagné d’une importante délégation d’une douzaine de ministres, dont Jean-Noël Barrot, aux Affaires étrangères, et Laurent Nunez, à l’Intérieur. Le Chef du gouvernement français doit s’entretenir en tête-à-tête avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, avant de coprésider une réunion de haut niveau. Cette rencontre débouchera sur la signature de plusieurs accords bilatéraux touchant des secteurs clés tels que l’économie, l’immigration, la justice et la défense.
Sur le plan économique, les discussions s’orientent vers le co-développement en Afrique. En s’appuyant sur la position du Maroc comme hub logistique et financier, les entreprises des deux pays ambitionnent de concevoir des projets conjoints tournés vers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le dynamisme commercial du Royaume, dont les exportations intra-africaines ont bondi de 20,7% en 2025, conjugué à son intégration au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), offre un cadre sécurisé pour les investissements. «De plus, face aux tensions géopolitiques mondiales, notamment dans le détroit d’Ormuz, les infrastructures portuaires marocaines s’imposent comme des voies de contournement hautement stratégiques pour les flux logistiques reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique», note L’Economiste.
Au-delà de l’économie et du concept de coproduction industrielle, la sécurité régionale demeure une priorité absolue pour Paris et Rabat. Les deux capitales partagent des préoccupations majeures concernant l’instabilité dans la zone du Sahel, marquée par la porosité des frontières et la recrudescence des menaces terroristes. En intensifiant leur coordination sécuritaire et migratoire, la France et le Maroc entendent donner une substance concrète à ce partenariat d’exception que les deux diplomaties aspirent désormais à porter plus haut et plus fort.




