Implanté à Tan-Tan, l’AMTEC s’articulera autour de trois piliers: une zone d’entraînement multidomaine (MDTA), une Académie des drones (MTDA) et un Centre d’innovation et d’expérimentation. L’objectif est d’accélérer la transformation des capacités militaires en intégrant les nouvelles technologies et en favorisant l’interopérabilité entre partenaires africains et occidentaux, indique l’AFRICOM dans un communiqué.
Pour le général de corps d’armée Mohammed Berrid, Inspecteur général des FAR, le Maroc dispose déjà des atouts nécessaires pour concrétiser rapidement cette vision. «La préparation du Maroc, portée par des infrastructures existantes et des compétences humaines qualifiées, permet un passage rapide du concept à la réalité opérationnelle», a-t-il souligné, mettant en avant le potentiel du Royaume comme partenaire industriel fiable pour les États-Unis.
Dans le détail, la zone MDTA offrira un espace d’entraînement avancé permettant aux forces de se préparer à des opérations dans des environnements complexes, y compris sur l’ensemble du spectre électromagnétique. De son côté, l’Académie des drones ambitionne de former des opérateurs africains aux technologies sUAS, avec un accent particulier sur la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest.
Le troisième pilier, le Centre d’innovation, se veut un véritable laboratoire de solutions opérationnelles. Il permettra de tester rapidement des technologies émergentes, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, des systèmes autonomes ou encore des communications avancées. Une attention particulière sera portée à des solutions «low cost» et évolutives, adaptées aux réalités du terrain africain.
Au-delà de la dimension militaire, le projet ouvre également des perspectives économiques et technologiques. Il prévoit l’implication d’acteurs industriels et académiques, favorisant l’émergence d’un écosystème d’innovation autour des technologies de défense. L’AMTEC pourrait ainsi devenir un terrain d’expérimentation pour de futures technologies sans fil et de détection, tout en soutenant le développement dans des zones enclavées.
Le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, voit dans cette initiative «une opportunité majeure pour les bases industrielles de défense américaines et africaines, ainsi que pour les institutions académiques, d’innover et de développer des solutions adaptées aux défis émergents».
Première concrétisation attendue, l’exercice African Lion 2027, qui servira de preuve de concept pour le futur centre. Organisé chaque année au Maroc, cet exercice constitue déjà un laboratoire grandeur nature pour tester l’intégration de technologies de pointe en conditions opérationnelles.










