African Lion: une première académie de drones à Agadir, plus de 20 militaires de 4 pays formés

Le Maroc a accueilli, en marge de l’exercice African Lion, une session de formation aux drones.. Public Domain

Le Maroc a accueilli, en marge de l’exercice African Lion, une session de formation aux drones. Plus de 20 militaires du Maroc, du Ghana, du Nigeria et des États-Unis ont obtenu leur diplôme au quartier général de la Zone Sud, à Agadir.

Le 11/05/2026 à 10h30

Plus de 20 militaires de 4 pays ont reçu, le 5 mai 2026, leur diplôme à l’issue de la toute première formation aux drones organisée dans le cadre de l’exercice African Lion 26. Maroc, Ghana, Nigeria et États-Unis ont participé à cette formation aux systèmes d’aéronefs sans pilote de petite taille, selon l’Africom.

La cérémonie de remise des diplômes a marqué l’aboutissement de deux cursus menés simultanément pendant plusieurs jours, sous la direction d’instructeurs du 7th Army Training Command.

Deux cursus, deux profils

La formation s’est organisée autour de deux parcours distincts, conçus pour deux profils d’emploi complémentaires sur le terrain. Le premier cursus, d’une durée de huit jours, s’adressait aux planificateurs opérationnels. Il couvrait l’analyse des lacunes capacitaires, la gestion de l’espace aérien, la guerre électronique, le contre-drone et le développement de cours d’action.

Les deux derniers jours étaient consacrés à des répétitions de mission en conditions proches du réel. À l’issue de la formation, les stagiaires maîtrisent l’intégration des drones dans un schéma de manœuvre global, depuis la rédaction des ordres UAS jusqu’à la synchronisation du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance.

«En huit jours, les planificateurs ont couvert tout le spectre, de l’analyse des lacunes capacitaires et des fonctions de combat à la gestion de l’espace aérien, au contre-UAS et à la guerre électronique», a expliqué le sergent de première classe Derrick Guyton, maître instructeur au Centre d’entraînement aux armes combinées du 7th Army Training Command et responsable de l’académie de drones.

«Ils ont intégré tout cela dans le développement de cours d’action, puis ont passé les deux derniers jours à effectuer des répétitions de mission. À la remise des diplômes, ils étaient capables d’intégrer l’emploi des équipes sUAS, les ordres et symboles UAS, et la météorologie dans le schéma de manœuvre global», a-t-il détaillé.

Le second cursus, d’une durée de dix jours, formait les opérateurs à la conduite, à la maintenance et à l’emploi tactique des drones en environnement tactique. Le programme était dense: aérodynamique, composants des systèmes, gestion des batteries, opérations de nuit, camouflage et dissimulation, planification de mission, déconfliction de l’espace aérien, guerre électronique, identification de véhicules et météorologie. La formation comprenait des tests obligatoires de procédures d’urgence, avant quatre jours de vols effectifs sur plusieurs plateformes.

«Les opérateurs ont passé dix jours à se former sur les composants sUAS, les considérations opérationnelles, l’identification des véhicules, la météorologie, la gestion des batteries, la guerre électronique, l’aérodynamique, les opérations de nuit, la planification de mission, la déconfliction de l’espace aérien, le camouflage et la dissimulation, avec une familiarisation pratique sur une variété de systèmes. Ils ont dû réussir des tests de procédures d’urgence, et ils ont terminé avec quatre jours de vol», a précisé Derrick Guyton.

À l’issue du cursus, les opérateurs sont en mesure de planifier une mission, de piloter plusieurs types de plateformes, de réagir aux situations d’urgence et de fournir à leurs commandants un flux de reconnaissance en temps réel.

Un flux vidéo connecté en direct à la cellule d’innovation

L’un des temps forts de l’académie a été la démonstration d’une capacité opérationnelle concrète. Le flux vidéo d’un drone a été connecté en direct à la cellule d’innovation de la task force interarmée combinée, établissant ainsi la preuve que l’imagerie en temps réel peut être exploitée aussi bien à l’entraînement qu’en opération réelle. L’enjeu est de taille: réduire le délai entre la détection d’une cible et l’action, et améliorer la capacité des états-majors à voir, localiser et frapper avec précision.

Le choix du Maroc comme cadre de cette première académie de drones n’est pas anodin. L’espace dédié présente des conditions particulièrement adaptées à ce type d’exercice, jugées difficiles à reproduire ailleurs. Spectre électromagnétique ouvert, espace aérien peu encombré, terrain austère aux caractéristiques proches d’un environnement de combat réel... Autant d’atouts que les responsables américains ont tenu à souligner à l’issue de la formation.

Ces conditions ont permis aux stagiaires de s’entraîner dans des situations proches de celles qu’ils pourraient rencontrer en opération, sans les contraintes imposées par des espaces aériens plus chargés ou des environnements électromagnétiques plus denses.

Le général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique, a insisté sur la portée stratégique de ces formations conjointes. «Ce que nous observons lors d’African Lion, c’est que les forces partenaires apprennent et utilisent ensemble les technologies émergentes, afin de pouvoir les appliquer à leurs propres défis sécuritaires persistants», a-t-il déclaré.

«C’est un excellent exemple de partenaires qui montent en puissance, en fusionnant renseignement et technologie, et de la façon dont nous pouvons les habiliter à prendre les devants sur leurs propres défis et à contribuer à la sécurité régionale», a-t-il poursuivi.

L’académie a également joué le rôle d’un centre de convergence entre formation et technologie, permettant aux partenaires de collaborer autour de solutions concrètes face à des menaces sécuritaires persistantes dans la région.

L’académie de drones d’Agadir s’inscrit dans le cadre d’African Lion 26, qui s’est tenu du 20 avril au 8 mai 2026. Avec plus de 5.600 personnels issus de plus de 40 nations, il s’agit du plus grand exercice militaire annuel organisé par le commandement américain pour l’Afrique, placé sous la direction de SETAF-AF. L’édition 2026 a mis un accent particulier sur l’innovation technologique au service d’une sécurité régionale conduite par les nations africaines partenaires.

Par La Rédaction
Le 11/05/2026 à 10h30