Dimanche, lors d’une cérémonie présidée par le gouverneur de la province de Benslimane, le lancement officiel d’un parc de 44 bus a eu lieu. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à moderniser les services de transport et à renforcer les liaisons entre les différentes communes et centres de la région. Les nouvelles lignes relieront notamment Mohammedia, Mansouria, Bouskoura, Benslimane ainsi que plusieurs zones rurales. «L’objectif est de réduire les disparités territoriales et d’améliorer l’accès aux services de transport public», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 11 mai.
Cependant, peu après la cérémonie, les choses ont pris une tournure inhabituelle. Un bus de transport public en direction de Mohammedia a été intercepté par des chauffeurs de taxi, tant de la catégorie des petits que des grands véhicules, dans le cadre d’une action de protestation. Les chauffeurs ont empêché le bus d’atteindre la gare ferroviaire, point final de son trajet. Cette obstruction s’est produite sans aucun fondement légal.
Face à cette situation, les forces de l’ordre sont intervenues pour mettre fin au blocage et rétablir la circulation sur la voie publique. Une réunion a été organisée entre les représentants des chauffeurs de taxi, les autorités locales de Mohammedia et la société de transport public afin de trouver une solution à ce litige. Pendant ce temps, les syndicats des chauffeurs de taxi réclamaient que les bus s’arrêtent devant la faculté des sciences et techniques.
L’incident a provoqué une vague d’indignation parmi la population. Celle-ci dénonce un comportement irresponsable qui porte atteinte au droit des citoyens à la mobilité et compromet un projet de développement social et économique tant attendu. «Empêcher les bus d’accéder à Mohammedia ne constitue pas seulement une entrave à un service public autorisé et financé par l’État, mais aussi une violation des prérogatives des institutions compétentes et une priorité donnée à des intérêts catégoriels étroits au détriment de l’intérêt général et de la dignité des citoyens», a dénoncé un élu local.
De son côté, la Coalition marocaine pour la protection du patrimoine public et la défense des droits humains a exprimé son indignation face à l’action des professionnels des taxis, qualifiant leur geste d’inacceptable. «Cette obstruction a entraîné une paralysie totale de la circulation, laissant des dizaines de familles et de citoyens bloqués à la gare sans moyen de transport pour rentrer chez eux», a souligné l’organisation. Elle a attribué ce blocage à «une décision arbitraire de la part du syndicat des chauffeurs de taxi de Mohammedia» et a appelé à «une enquête sur tous ceux qui ont participé à cette obstruction et à l’entrave à la libre circulation, ainsi qu’à la prestation d’un service public autorisé».




