Le Maroc perd l’une de ses plus belles étoiles. Avec le départ d’Abdelwahab Doukkali, c’est une page monumentale de notre histoire culturelle qui se tourne, laissant tout un peuple et une nation artistique en deuil. Musicien hors pair, interprète de génie et précurseur visionnaire, il n’était pas seulement un chanteur, mais l’âme d’une identité marocaine rayonnante à travers le monde. Aujourd’hui, ceux qui l’ont côtoyé, aimé et admiré prennent la parole pour saluer la mémoire d’un homme qui a fait de sa vie une symphonie éternelle.
Latefa Raafat, chanteuse: «Merci pour ces chansons qui nous ont enseigné l’amour et la beauté.»
C’est avec une tristesse infinie que nous faisons aujourd’hui nos adieux au doyen de la chanson marocaine. Abdelwahab Doukkali était bien plus qu’un artiste: il était un pilier de l’art authentique, une voix qui a bercé l’imaginaire de générations de Marocains et d’Arabes. Son départ est une perte immense, mais il laisse une empreinte indélébile à travers des œuvres qui resteront gravées dans nos cœurs malgré le temps qui passe. Merci pour cette créativité raffinée, pour ces mélodies qui nous ont appris le sens de l’appartenance et la noblesse du sentiment.
Kaiss Benyahia, poète: «La mémoire artistique arabe perd une voix fidèle à la poésie.»
Pour moi, Abdelwahab Doukkali n’était pas seulement une voix éternelle; il était le compagnon de route de mon regretté père, le poète Mohamed Benyahia Tanjawi. Il faisait partie de ces rares artistes capables d’insuffler une âme nouvelle aux mots en les parant des ailes de la mélodie. Depuis mon enfance, j’ai grandi avec sa présence chaleureuse dans notre foyer. Mon oreille a mûri au son de ses chefs-d’œuvre comme Hadi Yadi Mamdouda ou Mawlid Al Qamar. Le Maître savait écouter la poésie avant de la chanter; il transformait le mot en une pulsation vivante. Sa présence lors de la présentation du recueil de mon père restera pour moi une leçon rare de fidélité et de dignité humaine.
Nouri, chanteur et compositeur: «Abdelwahab Doukkali était un génie inégalable.»
C’est tout le Maroc qui est en deuil. Abdelwahab était un ami avec qui j’aimais échanger des idées. Il a été l’un des premiers de sa génération à comprendre l’importance du numérique, et j’ai eu le privilège de travailler sur plusieurs de ses arrangements. Ce sont des moments que je n’oublierai jamais. Avec lui, la mélodie perd son âme. Il possédait une audace créative incroyable; il fallait être un bâtisseur pour inventer son style à son époque. Aujourd’hui, mon cœur saigne, car nous perdons l’un des derniers pionniers qui a inspiré tout l’Orient.
Imad Ntifi, journaliste: «Il a créé sa propre école et m’a pris sous son aile.»
Nous avons perdu une icône mondiale. Abdelwahab Doukkali a créé une véritable école, reprenant le flambeau après Abdelkader Rachidi pour devenir le guide des musiciens. C’était un homme d’une sensibilité extrême: il fallait être sur la même longueur d’onde que lui pour entrer dans son cercle intime. Personnellement, il a été mon parrain. Alors que je débutais dans les médias il y a trente ans, il m’a accepté et m’a protégé. Au-delà de la musique, c’était un grand intellectuel doté d’une culture immense.
Samira Said, chanteuse: «Il fait partie de mon histoire personnelle et de mes débuts inoubliables.»
Chaque jour, nous perdons un géant qui a façonné la conscience de générations entières. Mais ce que laissent ces grands hommes est plus fort que l’absence. J’ai connu Abdelwahab Doukkali alors que j’étais enfant, et j’ai eu l’immense honneur de faire mes premiers pas sur les scènes du monde arabe à ses côtés. Il n’était pas seulement un artiste à mes yeux, il faisait partie de mon histoire personnelle et de mes débuts inoubliables. Il a su forger une identité unique à la chanson marocaine par sa voix, son élégance et ses compositions éternelles. Que Dieu l’accueille en Sa sainte miséricorde.




