Le message est direct et il est adressé à l’Algérie, qui a créé et qui entretient, protège et défend une organisation résolument terroriste devenue hors de contrôle. C’est ainsi que l’ambassade des États-Unis à Alger a lancé une mise en garde cinglante contre l’Algérie, dans un message publié sur X ce vendredi 8 mai, après l’attaque terroriste revendiquée par le Front Polisario contre la ville d’Es-Smara. «Le statu quo ne sert les intérêts de personne et ne peut plus durer», a martelé la représentation diplomatique tout en relayant la condamnation sans équivoque de cette agression par la mission américaine auprès de l’ONU, exprimée dès le 6 mai.
Une réaction qui sonne comme un ultimatum à l’adresse d’Alger, dont le soutien indéfectible au Polisario commence à coûter cher sur la scène internationale.
«Nous condamnons les attaques du Front Polisario à Es-Smara. Une telle violence menace la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix. Ces actions sont incompatibles avec l’esprit des récentes discussions. Le moment est venu de mettre fin à ce conflit vieux de 50 ans», avait déclaré la mission américaine auprès de l’ONU. «Comme l’affirme la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, le plan marocain d’autonomie trace la voie vers la paix au Sahara occidental. Nous appelons tous ceux qui résistent à la paix à s’engager sincèrement pour un avenir meilleur. Le statu quo ne peut plus durer», pouvait-on également lire.
Cette attaque, qui a visé mardi 5 mai les abords de la prison d’Es-Smara, a provoqué deux déflagrations, blessant grièvement une femme, touchée à la jambe et aux épaules. Une violence gratuite, revendiquée avec une cynique fierté par le Polisario dans un communiqué diffusé par son agence de propagande, la SPS. Mais derrière cette milice en déroute, c’est bien Alger qui tire les ficelles, finançant, armant et couvrant ces agissements terroristes. Une réalité que Washington ne peut plus ignorer, comme en témoigne la fermeté de sa réaction.
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Cette attaque survient, qui plus est, dans un contexte particulièrement tendu pour Alger et son protégé. Les États-Unis, déterminés à en finir avec ce conflit stérile, ont lancé un processus de négociations accéléré, plaçant l’Algérie devant ses responsabilités. Après une première session fin janvier, Washington a convoqué une nouvelle série de pourparlers les 8 et 9 février à Madrid, puis les 23 et 24 du même mois dans la capitale fédérale. Le message est on ne peut plus clair. L’administration américaine ne veut plus de tergiversations, exige un aboutissement rapide, et elle l’obtiendra. Ce sera sur la base du plan marocain d’autonomie. Une pression inédite, pilotée par Massad Boulos, émissaire du président américain pour l’Afrique, et Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis à l’ONU, qui ne laisse plus aucune marge de manœuvre à l’Algérie.
Jusqu’ici, Alger a tout fait pour bloquer le processus. Depuis 2019, le régime algérien refusait obstinément de participer aux tables rondes onusiennes, allant jusqu’à proclamer sa décision «irréversible». Une posture de défi qui, aujourd’hui, se retourne contre lui. À Washington comme à Madrid, la diplomatie algérienne a bel et bien été présente, forcée et contrainte de s’assoir à la table des négociations et d’assumer pleinement sa responsabilité dans le conflit.
La réaction désespérée du Polisario n’est que le symptôme d’un mouvement à l’agonie, désormais lâché par son propre géniteur. Samedi 2 mai dernier, la télévision publique algérienne a diffusé en soirée un nouveau bavardage de Abdelmadjid Tebboune. Les propos du président algérien sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, prônant une autonomie sous souveraineté marocaine, constituent un début d’abandon de la milice séparatiste.
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Nous sommes également dans un contexte où, le 30 avril dernier, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a présenté une revue stratégique de la MINURSO, en application de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre dernier. Un document qui enterre définitivement les illusions du Polisario: non seulement le plan d’autonomie marocain y est consacré comme «la seule solution réaliste», mais la MINURSO voit son mandat profondément remanié pour devenir un outil de mise en œuvre de ce plan. Une perspective insupportable pour le Polisario et son mentor algérien. D’où cette fuite en avant dans la violence, ultime recours d’un mouvement acculé.
Cette stratégie du chaos est vouée à l’échec. Choisir le terrorisme comme réponse est non seulement criminel, mais surtout stupide. Ceci, d’autant que d’aucuns savent que l’Algérie, en coulisses, tire les ficelles. En s’adressant directement au régime algérien, Washington révèle le vrai visage d’Alger, qui joue les innocentes tout en armant des milices qui n’hésitent devant rien. Désormais, les États-Unis pointent directement du doigt la responsabilité algérienne, et ce message, diffusé par leur ambassade à Alger, est sans appel.
Reste à savoir comment réagira le régime algérien, habitué à jouer les matamores face aux critiques internationales. D’ordinaire, Alger convoque les ambassadeurs, rappelle ses diplomates et inonde les médias de communiqués outragés. Mais cette fois, la mise en garde vient de Washington. Et face à une administration américaine déterminée à en finir avec ce conflit, l’Algérie n’aura d’autre choix que de ravaler sa fierté… ou d’assumer les conséquences de son soutien au terrorisme. Une chose est sûre: le temps des faux-semblants est révolu.




