Sahara marocain: Tebboune estime que la mise en œuvre du plan d’autonomie est inéluctable

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Samedi 2 avril, la télévision publique algérienne a diffusé en soirée un nouveau bavardage d’Abdelmadjid Tebboune. Les propos du président algérien sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, prônant une autonomie sous souveraineté marocaine, constituent-ils un début de fléchissement de la position du régime algérien sur ce qu’il appelle la «cause sahraouie»?

Le 03/05/2026 à 14h11

Les bavardages du président algérien se suivent et se ressemblent. Peu attendus par les Algériens, habitués aux mensonges et autres chiffres farfelus du président, ces exercices périodiques, marqués par la complaisance forcée des journalistes, ne sont jamais diffusés en direct, ni au complet.

La seule nouveauté de la dernière sortie de Tebboune, et elle est de taille, réside dans les propos qu’il a tenus sur le dossier du Sahara.

Il a ainsi affirmé que pour «le Sahara occidental, il y a une résolution de l’ONU. Elle est en train de faire son chemin».

Tebboune a-t-il ainsi mis de l’eau dans son vin, alors qu’il claironnait encore hier que tant que le Polisario s’accrochait à l’autodétermination, il ne lâcherait jamais la cause sahraouie? En affirmant aujourd’hui que la résolution 2797 suit son cours, il reconnait que la mise en œuvre de la solution onusienne basée sur la souveraineté marocaine au Sahara est inéluctable.

Pour rappel, l’Algérie, alors membre non permanent au Conseil de sécurité, n’a pas participé au vote de la résolution 2797 sur le Sahara, adoptée le 31 octobre 2025. Plutôt que d’être le seul pays à voter «non» ou à s’abstenir, elle a choisi la politique de la chaise vide. Cette résolution, qui prône une solution politique basée sur le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, a également été rejetée par la voix du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, le 2 novembre 2025, lors d’un bavardage pitoyable sur la chaîne publique AL24 News. Le régime algérien était d’autant plus remonté contre la résolution 2797 qu’elle réaffirme avec force le plan marocain d’autonomie au Sahara. En outre, le texte désigne l’Algérie comme partie prenante directe au différend et l’invite, en tant que telle, à participer aux négociations entre les parties concernées.

Il faut dire que face à la détermination des États-Unis à clore définitivement ce différend, le régime algérien est contraint au pragmatisme. Quitte à commencer à planifier, de gré ou de force, un démantèlement progressif des camps de Tindouf et le désarmement des milices du Polisario avant qu’elles ne soient officiellement inscrites sur la liste des organisations terroristes.

Tebboune ne s’est guère étendu sur le Sahara, même si la suite de ses propos semble avoir été sèchement sabrée, comme en témoigne son passage brutal et sans transition au dossier palestinien. Pourtant, les fleurs jetées au sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau, reçu récemment, en disent long sur la fermeté du message transmis par ce dernier concernant le Sahara et le clap de fin irréversible du Polisario.

Le président algérien s’est dit très «touché par la sympathie en paroles et en gestes» de Christopher Landau, ajoutant que «les clivages idéologiques» entre Alger et Washington relèvent désormais du passé et qu’ils ne nuisent en rien à ses relations traditionnelles avec la Russie.

Pourtant, c’est en dénonçant la présence de ceux qu’il qualifie de «mercenaires» russes au Mali qu’il a évoqué les graves événements ayant récemment secoué ce pays voisin, avec lequel l’Algérie se trouve en rupture totale.

Faute d’avoir réussi à renverser le pouvoir de transition à Bamako sous les coups de boutoir des terroristes du JNIM, dont le chef, Iyad Ag Ghali, est un protégé du régime algérien, Tebboune a fini par tendre la main à Assimi Goïta. Il a justifié ce geste en affirmant que le chef d’État malien n’a jamais attaqué l’Algérie, contrairement à son entourage, accusé d’avoir mené le Mali vers le chaos.

Tebboune a également joué sur la corde de la division arabe. Profitant du froid actuel entre Abu Dhabi et Riyad, il a qualifié de «non événement» le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP. D’ailleurs, son inimité à l’égard du président Mohamed Ben Zayed a été manifeste lors du déclenchement de la guerre irano-américaine et les agressions iraniennes contre les pays du Golfe. Tebboune a soutenu, à contrecœur bien évidemment, tous les dirigeants de ces pays, hormis ceux des Émirats arabes unis.

Le point saillant du bavardage de Tebboune reste toutefois ce qui s’apparente à une adhésion contrainte à l’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine. Alger ne s’insurge plus contre la résolution 2797, ce qui augure de grands changements dans les camps de Tindouf. Cette zone devient désormais celle de tous les dangers pour un régime qui, durant cinq décennies, en a fait le foyer de son hostilité maladive contre le Royaume.

Par Mohammed Ould Boah
Le 03/05/2026 à 14h11