En fin de mandat, des ministres multiplient les nominations de la «dernière heure»

Lors d'une réunion du Conseil de gouvernement.

Revue de presseC’est une course contre la montre que mènent actuellement certains ministres pour nommer à des postes de responsabilité des proches avec lesquels ils ont des liens familiaux, partisans ou même d’intérêts. Face à cette pratique qui viole aussi bien la loi que le principe de l’égalité des chances, mais pèse également sur les caisses de l’État, l’opposition parlementaire a décidé de saisir la Cour des comptes. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 07/05/2026 à 20h35

Bientôt, l’actuel gouvernement, dont le mandat touche à sa fin, deviendra un canard boiteux en se chargeant uniquement de la gestion des affaires courantes, et ce dans l’attente de passer le témoin à la nouvelle équipe issue des élections du 23 septembre 2026.

C’est en prévision de ce départ imminent que certains ministres, rapporte Assabah dans son édition du vendredi 8 mai, mènent actuellement une course contre la montre en vue de caser le maximum de leurs proches à des postes de responsabilité au sein des administrations ou entreprises publiques sous leur tutelle. Ces nominations, dites de la «dernière heure», concerneraient quasiment tous les départements gérés par les ministres partisans. Des proches liés par des liens de parenté, ou appartenant à la même famille politique, voire partageant des intérêts économiques, sont ainsi embauchés à tour de bras dans de hauts postes de responsabilité. Certains ministres s’échangeraient même des nominations dans leurs départements respectifs.

Ces nominations sont bien évidemment avalisées en Conseil de gouvernement, mais sans prendre en considération l’ordre des priorités sur la liste des prétendants aux postes à pourvoir, où c’est généralement la règle des trois premiers sur la liste qui prévaut.

Assabah précise que certains ministres profitent des failles de la loi en procédant à des nominations à des postes dits d’«experts», chargés d’une mission par intérim, mais sans jamais préciser la durée de cet intérim. D’ailleurs, ajoute Assabah, une pléthore d’experts, dont de très hautes compétences, existe déjà au sein de toutes les administrations et entreprises publiques.

L’opposition parlementaire est montée au créneau pour dénoncer le lancement par certains ministères de concours de sélection d’experts pour une mission à durée limitée, alors qu’en réalité ces concours sont juste une formalité de façade pour trier des noms de proches, non pas à de hautes responsabilités et missions provisoires, mais à des postes durables et superflus. L’opposition parlementaire avance que les caisses de l’État croulent déjà sous le poids de 570.000 fonctionnaires publics, nécessitant chaque année 140 milliards de dirhams pour leurs seuls salaires mensuels.

Aussi bien des députés de l’opposition que des élus syndicalistes au sein de la Chambre des conseillers ont dénoncé ces nominations comme une violation de l’égalité des chances au niveau des nominations à des postes de responsabilité. Ils précisent également que ces pratiques violent la loi organique 12.02 relative aux nominations aux fonctions supérieures, entrée en vigueur le 19 juillet 2012, et surtout les articles 49 et 92 de la Constitution.

Les parlementaires accusent ainsi certains ministres de mettre les intérêts de leur parti au-dessus de ceux de l’État, et comptent, à ce titre, saisir la Cour des comptes pour auditer les budgets de certains ministères avant le départ de leurs détenteurs.

Par La Rédaction
Le 07/05/2026 à 20h35