Le port de Casablanca sous pression: des navires en attente et des craintes sur les prix

Le port de Casablanca. 

Le port de Casablanca.  . DR

Revue de presseEntre retards de déchargement, risques de pénurie et hausse des coûts, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme, craignant un impact direct sur les prix des denrées de base, en particulier les céréales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 07/05/2026 à 19h57

Depuis plusieurs semaines, le port de Casablanca subit une congestion logistique sans précédent, devenant une plaque tournante supplémentaire pour une partie du trafic maritime. «En prime, des retards considérables dans le déchargement des marchandises, faisant craindre une hausse des prix des produits essentiels, notamment les céréales», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 8 mai.

La situation est visible depuis les côtes de la ville, où des navires chargés de marchandises s’alignent au large pendant plusieurs jours en attendant un créneau pour accoster. Ce spectacle reflète une saturation des capacités d’accueil du port, incapable d’absorber ce volume soudain de flux. Ce phénomène s’explique par la réorientation d’une partie du trafic maritime vers Casablanca, en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des bouleversements géopolitiques qui ont conduit à une redistribution des routes logistiques.

Cette situation impose aux armateurs des délais supplémentaires et des coûts accrus, dans un contexte où les pressions temporelles et financières se font déjà sentir.

Les acteurs du transport maritime et du commerce extérieur s’inquiètent des répercussions de cette congestion sur les prix des produits de consommation, en particulier les céréales, qui constituent une part majeure des importations marocaines. «Une grande partie des navires bloqués au large transportent du blé tendre et dur, de l’orge et du maïs», indique une source professionnelle citée par Al Akhbar. Ces retards pourraient entraîner des pénuries temporaires et une hausse des coûts, alors que le Maroc dépend fortement des importations pour couvrir ses besoins, surtout après des années de sécheresse ayant affecté la production locale.

Ces surcoûts pourraient, à terme, se répercuter sur la chaîne de distribution et, in fine, sur les prix payés par les consommateurs. Le Maroc importe environ 5,5 millions de tonnes de blé tendre par an, tandis que ses importations totales de blé (tendre et dur) oscillent entre 7 et 10 millions de tonnes selon les saisons agricoles. Les importations d’orge varient entre 1 et 2 million de tonnes par an, avec des pics lors des années de pression sur le secteur de l’élevage. Quant au maïs, les importations s’élèvent à 2,5 ou 3 millions de tonnes annuellement, destinées principalement à l’alimentation animale et aux industries agroalimentaires. «Dans ce contexte, tout blocage logistique pourrait avoir des répercussions directes sur la sécurité alimentaire relative liée à ces produits», s’alarment les professionnels.

Le ministère du Transport et de la Logistique a, quant à lui, souligné que la situation récente du port de Casablanca était principalement due à des «conditions climatiques exceptionnelles, marquées par des vagues atteignant entre 3,5 et 9 mètres, accompagnées de vents violents». Et d’ajouter, «ces conditions ont nécessité, par moments, l’arrêt temporaire des activités portuaires». Les fortes précipitations ont également entraîné la suspension des opérations de déchargement, en particulier pour les marchandises sensibles comme les céréales.

Contrairement aux craintes exprimées, les indicateurs officiels de l’activité portuaire montrent une «dynamique positive», selon le ministère. «Le volume des importations a augmenté de 27 % en mars 2026 par rapport à la même période en 2025, avec une croissance globale du trafic portuaire de 26 %», indique-t-on. Les importations cumulées ont progressé de 10%, tandis que les exportations ont enregistré une hausse de 24%. Les importations de produits stratégiques ont également connu une évolution notable : les céréales ont augmenté de 22% au premier trimestre 2026, avec un record en mars (+61% par rapport à mars 2025). Les importations d’aliments pour bétail ont, elles, bondi de 72% sur la même période.

«Ces chiffres montrent clairement que l’approvisionnement du marché national se fait dans des conditions normales et maîtrisées», assure le ministère. Concernant la situation des navires, les données opérationnelles révèlent que le port de Casablanca traite en moyenne une trentaine de navires par jour, toutes catégories de marchandises confondues. «Cela reflète une dynamique opérationnelle normale et une capacité continue à absorber et traiter les flux du transport maritime, garantissant ainsi la fluidité de l’approvisionnement du marché national», conclut le ministère.

Par La Rédaction
Le 07/05/2026 à 19h57