La musique marocaine perd un de ses plus grandes légendes. Abdelwahab Doukkali, l’un des plus grands chanteurs et compositeurs de la scène artistique des dernières décennies, est mort. Il a rendu l’âme ce vendredi 8 mai 2026 à l’âge de 84 ans dans une clinique à Casablanca, où il devait subir une opération chirurgicale.
Né à Fès dans une famille modeste de treize enfants, Abdelwahab Doukkali a tracé son destin bien au-delà des murs de la médina. À seulement 19 ans, il quitte sa ville natale pour s’installer à Rabat, où il intègre la RTM (Radio Télévision Maroc), marquant le début d’une aventure artistique qui le mènera aux quatre coins du monde arabe.
Dès 1965, Abdelwahab Doukkali s’impose comme l’une des figures majeures de la chanson marocaine. Ses mélodies, interprétées en arabe littéraire et en darija, explorent des thèmes universels: l’amour, les relations sociales, mais aussi la mémoire collective et les défis d’une société en mutation.
Parmi ses plus célèbres chansons, Kan ya makan, un hymne poétique et intemporel, Marsoul el houb, un tube romantique au succès planétaire, Ma ana illa bachar, une réflexion sur la condition humaine, Souk al bacharia et Allah Hay, une chanson spirituelle. Son répertoire, à la fois intime et engagé, résonne bien au-delà des frontières du royaume, lui valant une reconnaissance dans tout le monde arabe.
Au-delà de la musique, Abdelwahab Doukkali a également laissé son empreinte dans le 7ème art. Compositeur de plusieurs bandes originales, dont celle du film A la recherche du mari de ma femme, il a également joué dans plusieurs films, dont Al Hayat kifah, Rimal min dahab et Khafaya.
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Ces dernières années, Abdelwahab Doukkali s’est fait discret avec de rares apparitions. À de nombreuses reprises, Le360 a pu s’entretenir avec lui. L’occasion de redécouvrir un artiste aux convictions fortes et à l’univers des plus riches.
Doukkali était également artiste peintre et collectionneur d’objets et œuvres d’art, qu’il nous avait fait découvrir lors d’une visite guidée à son «Petit musée», sise sa demeure au 17ème étage du célèbre immeuble Liberté, aussi appelé «17 étages», en plein cœur de Casablanca.
Abdelwahab Doukkali incarne une époque où l’art marocain rayonnait avec audace et authenticité. Son parcours, marqué par la persévérance et la passion, reste une source d’inspiration pour les jeunes artistes du monde arabe. Entre chansons populaires et compositions cinématographiques, son œuvre continue de vibrer, porteuse de bien d’espoirs et de rêves.



