Les cités de l’innovation au cœur de la nouvelle dynamique industrielle

La Cité de l'innovation Souss Massa

Revue de presseÀ travers le déploiement national des Cités de l’innovation et l’appui de la loi n° 59.24 relative à l’enseignement supérieur, le Maroc accélère la transformation de son appareil productif. En connectant la recherche académique au monde des affaires via des structures de gestion agiles, le Royaume renforce la part des technologies avancées dans son économie et pose les bases d’une croissance durable fondée sur le savoir et la création de valeur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 02/08/2026 à 19h44

Dans le cadre d’une volonté affirmée d’accélérer sa transition vers une économie fondée sur la connaissance et le progrès technologique, le Maroc intensifie ses efforts pour transformer en profondeur son paysage industriel. Pour concrétiser cette ambition, le Royaume déploie progressivement un réseau national de Cités de l’innovation au sein des différents pôles universitaires régionaux. «Cette initiative repose sur une alliance institutionnelle étroite entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en synergie directe avec les universités marocaines», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du lundi 3 août.

Ce projet national répond à un constat pragmatique: pour monter en gamme et gagner en compétitivité, l’industrie marocaine doit pouvoir s’appuyer sur une recherche scientifique alignée sur les besoins réels du marché. Les Pôles d’innovation ont ainsi été conçus pour servir d’interface dynamique et permanente entre le monde universitaire et les acteurs économiques. Leurs missions prioritaires s’articulent autour de plusieurs axes fondamentaux: encourager la création de start-up et d’entreprises innovantes, stimuler les dépenses et les activités de recherche et développement (R&D) au sein des établissements universitaires, accroître le volume des contrats de recherche partenariale et favoriser un transfert fluide des technologies vers les secteurs productifs. À terme, ces espaces visent également à renforcer l’attractivité du territoire pour les investisseurs industriels à forte intensité technologique.

Les indicateurs macroéconomiques confirment la pertinence de cette orientation stratégique. Au cours de la dernière décennie, la structure même de la production nationale s’est transformée de manière significative. La part des industries de haute et moyenne technologie dans l’ensemble du tissu productif marocain est passée de 38,6% en 2014 à 50,5% en 2024. Cette progression constante traduit une adoption accrue de procédés de fabrication sophistiqués et illustre l’impact concret des politiques d’innovation sur la modernisation des usines du pays. «En agissant comme des moteurs de création de solutions technologiques locales et d’emplois hautement qualifiés, ces hubs génèrent une valeur ajoutée durable», note L’Economiste.

Sur le plan budgétaire, l’aménagement de ces infrastructures s’appuie sur des conventions de partenariat pluriannuelles. Pour chaque projet de Cité de l’innovation, le coût global est défini à partir d’un business plan rigoureux, auquel le département de l’Industrie apporte un soutien financier direct plafonné à 15 millions de dirhams par unité. À ce jour, six Cités de l’innovation ont été finalisées ou se trouvent à un stade avancé de réalisation dans des zones stratégiques du territoire: les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa, Marrakech-Safi, Fès-Meknès, l’Oriental, ainsi que Casablanca-Settat. Ce déploiement territorial équilibré garantit que chaque bassin industriel régional puisse bénéficier de son propre incubateur technologique.

Le cadre d’action de ces structures s’est, par ailleurs, consolidé sur le plan juridique à travers les récentes évolutions législatives. La promulgation de la loi n° 59.24 relative à l’enseignement supérieur est venue institutionnaliser le rôle des Cités de l’innovation en tant que piliers de la valorisation scientifique et de l’incubation d’entreprises. Cette loi offre aux universités publiques la possibilité de se regrouper au sein de pôles universitaires élargis, tout en ouvrant la voie à la participation d’autres établissements d’enseignement supérieur. «L’objectif du législateur est d’optimiser le fonctionnement de ces équipements technologiques et de maximiser leur impact en termes d’emplois créés et de brevets exploités», précise L’Economiste.

Pour garantir une gestion agile et des performances alignées sur les exigences du monde des affaires, la gouvernance de chaque Cité de l’innovation repose sur un modèle inédit. La gestion quotidienne, ainsi que la commercialisation des produits et services de chaque cité, sont confiées à une société anonyme dédiée, constituée par le pôle universitaire référent. Cette entité juridique indépendante se voit confier des missions opérationnelles très larges.

Au-delà de l’hébergement physique et de l’accompagnement des start-up et des projets innovants, elle prend en charge la formation continue des ressources humaines aux méthodes de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Elle joue également un rôle clé d’intermédiaire en fournissant une expertise technique et juridique sur mesure pour la protection des droits de propriété intellectuelle et industrielle issus des travaux des chercheurs, tout en proposant un catalogue complet de services de conseil aux entreprises désireuses de moderniser leurs processus.

Par La Rédaction
Le 02/08/2026 à 19h44