Le dispositif d’alerte renforcé à Fnideq, le retour des migrants de Sebta se poursuit

Des opérations de ratissage menées par la Gendarmerie royale et la Marine royale au large de Fnideq, vendredi 14 août 2026.

Le 14/08/2026 à 20h22

VidéoFace aux appels viraux incitant à un franchissement collectif vers Sebta, les autorités marocaines ont déployé un vaste dispositif sécuritaire à Fnideq et sur son littoral, conduisant déjà à l’interpellation et au refoulement de 540 candidats à l’émigration clandestine.

Alors que plus 4.000 migrants ont quitté Sebta ces derniers jours, d’après des chiffres consolidés obtenus de sources sûres par Le360, les autorités locales et les forces de sécurité de la ville de Fnideq maintiennent un niveau de vigilance extrême aux abords du poste de passage de Bab Sebta ainsi que sur les collines environnantes.

Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre d’un plan sécuritaire renforcé, mis en œuvre à vingt-quatre heures seulement de la date fixée par des pages anonymes sur les réseaux sociaux pour orchestrer une nouvelle tentative d’intrusion massive à travers la grille de séparation.

Sur le terrain, les contrôles s’intensifient. Voitures particulières et taxis font l’objet de fouilles minutieuses menées par les éléments de sécurité positionnés à proximité du point de passage. L’accès à la zone depuis la partie orientale est strictement réservé aux voyageurs disposant de justificatifs. Des agents en uniforme et en civil vérifient scrupuleusement la validité des passeports et des billets de traversée maritime depuis le port de l’enclave occupée. L’identité de chaque voyageur se rendant vers différents pays européens est systématiquement contrôlée avant d’accorder l’autorisation d’accès.

Un cordon de sécurité hermétique a par ailleurs été établi tout au long du littoral de Fnideq, couvrant l’ensemble du périmètre de Bab Sebta du côté est comme du côté ouest. Parallèlement, les unités des Forces auxiliaires, de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie royale ont été placées en état d’alerte sur les hauteurs dominant la ville occupée. Par cette présence massive, les autorités entendent verrouiller tous les accès et prévenir toute tentative de franchissement terrestre ou maritime.

540 candidats à l’émigration irrégulière éloignés

Au cœur de Fnideq, les services de police et les autorités locales mènent de vastes opérations de ratissage dans plusieurs quartiers, particulièrement ceux situés à proximité de Sebta. Des vérifications d’identité ciblent principalement les jeunes gens ne résidant pas dans les villes du Nord. De nombreuses patrouilles mobiles sillonnent la municipalité. Les personnes suspectées de préparer une traversée clandestine sont appréhendées puis regroupées avant d’être réorientées par autobus vers leurs régions d’origine.

Ces interventions se poursuivent pour le troisième jour consécutif. Elles visent aussi bien des candidats marocains originaires d’autres provinces que des migrants issus de pays d’Afrique subsaharienne, du monde arabe ou d’Asie. Au total, environ 540 candidats à l’émigration irrégulière ont déjà été éloignés des environs de Fnideq.

La surveillance ne se limite pas à la terre ferme. Dès le vendredi après-midi, un dispositif maritime renforcé a été déployé au large de Fnideq. Des patrouilles de la Gendarmerie, appuyées par des vedettes rapides de la Marine royale, effectuent des rotations ininterrompues jour et nuit. L’objectif est de repérer et d’intercepter tout mouvement suspect d’individus tentant de rejoindre les côtes de l’enclave occupée à la nage.

Ce déploiement massif opéré en amont du 15 août porte déjà ses fruits. Selon des données concordantes, la rigueur du dispositif et l’anticipation stratégique du ministère de l’Intérieur ont permis d’atténuer la pression au niveau du passage et de réduire sensiblement la portée des appels à l’émigration clandestine lancés sur Internet, auxquels l’État continue de répondre avec une extrême fermeté.

Par Said Kadry
Le 14/08/2026 à 20h22