Atteintes aux droits de l’Homme à Sebta: le CNDH saisit le Défenseur du peuple espagnol

Un groupe de jeunes quittant Sebta après un très court séjour, le 2 août 2026.

Un groupe de jeunes quittant Sebta après un très court séjour, le 2 août 2026.. AFP or licensors

Invitée de 2M, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a dénoncé les violences qu’auraient subies des migrants marocains à Sebta, faisant notamment état d’agressions physiques ainsi que de privations d’eau et de nourriture.

Le 14/08/2026 à 13h02

Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a adressé un courrier au Défenseur du peuple espagnol (Defensor del Pueblo), institution chargée de veiller à la protection des droits fondamentaux, afin de demander l’ouverture d’une enquête sur les violations présumées des droits des migrants marocains à Sebta.

Intervenant dans une émission de 2M consacrée aux atteintes aux droits humains qu’auraient subies des migrants marocains, notamment des mineurs, la présidente du CNDH a estimé que «les droits de ces Marocains n’ont pas été protégés». «Ils ont été tabassés, privés d’eau et de nourriture et ont dormi sur du plastique en pleine forêt», a affirmé Amina Bouayach.

Elle a également fait état de «nombreux cas d’irrégularités durant les 1er et 2 août». Selon elle, le Défenseur du peuple espagnol l’a informée de la présence à Sebta de nombreux mineurs dont la nationalité n’a pas encore pu être établie. Le CNDH et le Defensor del Pueblo espagnol entretiennent déjà des relations de coopération sur les questions relatives à la protection des droits des migrants

Plusieurs défenseurs marocains des droits humains ont participé à cette émission, parmi lesquels l’avocat Naoufal Bouamri, président de l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH).

Ce dernier a dénoncé des «agressions sexuelles et des actes racistes du côté des autorités». Il a également affirmé que «le maire de Sebta est allé jusqu’à inciter les propriétaires de commerces à fermer leurs magasins d’alimentation afin que les migrants ne puissent acheter ni eau ni nourriture».

De son côté, 2M a rappelé qu’une de ses équipes de reportage avait été empêchée de couvrir les événements à Sebta, après que la police espagnole a refusé d’autoriser son matériel de tournage à entrer dans la ville.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 14/08/2026 à 13h02