Le Plan d’urgence national contre la pollution marine fait sa mue

La Plage Rouge, Sidi Ifni, au sud du Maroc. 

La Plage Rouge à Sidi Ifni.. DR

Revue de presseFace aux risques grandissants liés au trafic maritime le long de ses 3.500 kilomètres de côtes, le Maroc révise en profondeur son Plan d’urgence national datant de près de trente ans. Porté par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, ce chantier d’envergure vise à clarifier les responsabilités, moderniser les protocoles d’intervention et protéger durablement le littoral face aux marées noires et aux produits toxiques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 13/08/2026 à 19h00

Face à l’accroissement continu du trafic maritime au large de ses 3.500 kilomètres de côtes, le Maroc entreprend une refonte majeure de son dispositif de protection du littoral. Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, par le biais de sa direction de l’économie circulaire et de la lutte contre la pollution, vient en effet d’initier un appel d’offres international pour moderniser le Plan d’urgence national contre la pollution marine accidentelle. «Il s’agit d’une démarche cruciale pour mettre à jour un cadre opérationnel dont l’architecture initiale remonte à près de trois décennies», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 14 août.

Mis en place en 1996 puis concrétisé sur le plan réglementaire par un arrêté du Premier ministre en 2003, ce plan d’urgence visait à prémunir les façades atlantique et méditerranéenne contre les marées noires et le déversement de produits toxiques. Toutefois, le temps et l’évolution des flux maritimes ont révélé les limites de ce dispositif. Bien que le Royaume ait maintenu une vigilance constante en organisant tous les deux ans des exercices de simulation dits Simulex, les retours d’expérience et les évaluations approfondies menées en 2012 et 2020 ont mis en lumière plusieurs dysfonctionnements structurels et des faiblesses réglementaires qu’il est désormais impératif de corriger.

L’un des principaux constats dressés par le département du Développement durable réside dans l’absence de ponts réglementaires clairs entre les textes fondateurs et les plans opérationnels de terrain. Cette carence empêchait jusqu’alors une mise à jour fluide du dispositif au rythme des innovations techniques, rendant nécessaire une révision textuelle complexe à chaque ajustement.

De surcroît, la répartition des rôles souffrait d’un chevauchement d’attributions entre les multiples départements ministériels et organismes publics en cas d’accident maritime. «Les textes existants manquaient également de cadrage précis concernant les stratégies d’intervention directes, telles que l’utilisation des dispersants chimiques ou la gestion spécifique des substances nocives et potentiellement dangereuses», note L’Economiste.

La révision engagée vise donc à combler ces vides juridiques et techniques tout en alignant le Royaume sur les standards de l’Organisation maritime internationale. Sous l’impulsion de la direction de la Marine marchande, la stratégie nationale vise une conformité stricte avec les conventions internationales. Le projet prévoit une restructuration globale de la Commission nationale de lutte contre la pollution marine accidentelle afin d’en optimiser le fonctionnement, de clarifier le rôle de chaque intervenant institutionnel ou privé, et de garantir une coordination sans faille lors des crises.

Au-delà de la clarification des compétences, cette mise à jour aborde le volet financier, souvent décisif lors de catastrophes environnementales. L’étude en cours permettra d’établir des procédures claires d’indemnisation et de concevoir un mécanisme de financement pérenne dédié à la lutte contre la pollution. Sur le terrain, le prestataire retenu devra réaliser une cartographie précise des risques le long du littoral. «Ce travail impliquera l’inventaire des types et volumes d’hydrocarbures et de produits chimiques transitant par les ports marocains, ainsi que l’identification des zones particulièrement sensibles aux dérives de polluants», souligne le quotidien.

Enfin, ce chantier stratégique prévoit la désignation préalable de zones de refuge destinées à accueillir les navires en détresse avant qu’une avarie ne se transforme en catastrophe écologique. Les experts dresseront également un inventaire exhaustif des équipements de dépollution disponibles à l’échelle nationale, tant auprès des acteurs publics que privés, pour identifier les besoins matériels manquants. L’ensemble de ces mesures débouchera sur la structuration de protocoles d’urgence gradués selon la gravité des événements, instaurant une classification claire des niveaux d’intervention pour garantir une réaction immédiate, mesurée et efficace face à toute menace environnementale en mer.

Par La Rédaction
Le 13/08/2026 à 19h00