Pollution: Agadir sans Pavillon Bleu pour la huitième année consécutive

La plage d'Agadir (M.Oubarka/Le360).

Revue de presseEntre rejets toxiques d’eaux usées provenant de complexes hôteliers, écoulements suspects sur le sable et zones de baignade hors normes, la capitale du Souss voit sa réputation balnéaire sérieusement entachée. Un fiasco écologique qui suscite l’incompréhension et la colère des habitants. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 28/07/2026 à 20h08

Le débat refait de nouveau surface au cœur de la capitale du Souss au sujet de la privation continue des plages de la ville du label Pavillon Bleu, et ce, pour la huitième année consécutive. Les habitants et les visiteurs d’Agadir ont découvert avec surprise que la plage urbaine, tout comme les zones balnéaires relevant de la préfecture, sont totalement absentes de la liste officielle des plages propres publiée par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement.

«Cette situation récurrente confirme que les rivages de la région ne parviennent toujours pas à satisfaire aux critères environnementaux rigoureux exigés pour l’obtention de ce label, notamment en ce qui concerne la qualité des eaux de baignade, la préservation du milieu naturel, la gestion des déchets, ainsi que l’aménagement et la sécurité des infrastructures de la plage», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du mercredi 29 juillet.

Pendant que la plage principale d’Agadir et le littoral de la baie restent dans l’ombre, d’autres communes territoriales du nord de la préfecture, à l’image d’Imsouane, manifestent un intérêt croissant pour ces questions environnementales. Ces collectivités s’inscrivent activement dans le programme national Plages Propres, bénéficiant du soutien de la Fondation et de divers départements ministériels afin de former leurs responsables locaux et d’améliorer leurs équipements pour accueillir les estivants dans les meilleures conditions.

Pourtant, Agadir avait déjà obtenu cette distinction environnementale par le passé, avant qu’elle ne lui soit retirée une première fois pendant cinq ans, puis de lui être de nouveau accordée brièvement, avant de disparaître une nouvelle fois du palmarès. «Pour de nombreux résidents, cette mise à l’écart systématique équivaut à une exclusion de fait du prix Lalla Hasna des littoraux durables, décerné tous les deux ans. L’incompréhension grandit d’autant plus que des analyses de laboratoire révèlent régulièrement la mauvaise qualité des eaux sur certaines portions du littoral», souligne Al Akhbar.

Les données recueillies par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi que le bureau municipal d’hygiène d’Agadir, montrent qu’au moins trois points de contrôle sur vingt et un ne répondent pas aux normes de salubrité requises.

Ce constat alarmant s’explique notamment par le déversement direct d’eaux usées provenant de certains établissements hôteliers bordant la zone touristique. De gros tuyaux dissimulés sous le sable acheminent d’importants volumes d’eaux usées directement vers la mer, créant des écoulements insalubres sur le rivage. Ces rejets nocifs touchent principalement les zones situées près de l’embouchure de l’oued Lahouar, la section du littoral proche du port de plaisance Marina Agadir, ainsi que le secteur situé à proximité du port commercial.

Par La Rédaction
Le 28/07/2026 à 20h08