Située au cœur du Sahara marocain, la baie de Dakhla constitue un pôle économique majeur, marqué par une croissance soutenue des secteurs de la pêche, de l’aquaculture, de l’agro-industrie et des activités portuaires. «Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une augmentation des rejets industriels (liquides et solides), qui menacent les écosystèmes fragiles de la lagune», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 21 mai.
Pour y parvenir, une étude approfondie de dépollution industrielle a été engagée, visant à la fois la préservation des infrastructures d’assainissement, la conformité réglementaire des industriels et la sauvegarde des zones humides sensibles.
Le diagnostic portera sur un périmètre élargi, incluant le quartier industriel de Dakhla, la zone d’El Massira, les abords de la lagune, les zones humides, ainsi que les artères urbaines concernées par le transit des effluents. Les conserveries, les usines de farine de poisson, les zones industrielles et le port maritime seront particulièrement scrutés. «Chaque source de pollution potentielle sera identifiée et analysée», précise la Société régionale multiservices Dakhla-Oued Eddahab (SRM-DO), citée par Les Inspirations Eco. Les futures extensions industrielles seront également prises en compte pour anticiper les risques futurs.
Premier volet de l’étude, un inventaire géoréférencé (SIG) sera réalisé pour cartographier l’ensemble des établissements industriels. Chaque site fera l’objet d’une fiche descriptive standardisée, incluant sa localisation GPS, son secteur d’activité, les procédés de fabrication utilisés, la nature et le volume des rejets, ainsi que les systèmes de traitement existants. Des campagnes de prélèvements et d’analyses en laboratoire permettront de mesurer des paramètres clés: pH, DBO5, DCO, matières en suspension, métaux lourds, hydrocarbures, nitrates et phosphates. Des sondages géotechniques et hydrogéologiques évalueront en outre la contamination des sols et des nappes phréatiques, tandis que des levés topographiques et bathymétriques seront effectués dans les zones affectées.
Sur la base de ce diagnostic, plusieurs variantes techniques seront étudiées et comparées: traitement centralisé ou décentralisé des eaux usées industrielles, modélisation de la charge polluante impactant la station d’épuration, aménagement des réseaux d’assainissement ou encore gestion des déchets solides (collecte sélective, valorisation, élimination conforme). «Chaque option sera évaluée selon son efficacité, son coût, sa faisabilité et son impact environnemental résiduel», indique un ingénieur en charge du projet au quotidien. La variante retenue fera l’objet d’un avant-projet détaillé, incluant plans techniques, estimations financières et programme de travaux avec un échéancier précis.
Conformément à la loi n° 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement, une évaluation environnementale sera menée en parallèle des études techniques. Elle comprendra un état initial des milieux physique, biologique et humain, un plan de gestion environnementale et sociale (PGES) détaillant les mesures d’atténuation, un programme de surveillance, ainsi qu’un budget alloué. «Une consultation publique sera organisée pour recueillir les avis des populations locales», précise la SRM-DO. Des modèles de conventions de déversement seront également proposés aux industriels afin de formaliser leurs engagements en matière de réduction des rejets.
L’étude aboutira à l’élaboration d’un programme d’investissement précisant les tranches de travaux, les coûts détaillés (incluant études, maîtrise d’œuvre et imprévus), ainsi qu’un tableau de bord de suivi avec des indicateurs de performance. «L’enjeu est de concilier développement économique et préservation de l’environnement», conclut un responsable. Les résultats de cette étude, attendus d’ici six mois, devraient permettre d’engager des actions concrètes pour restaurer l’équilibre écologique de la baie de Dakhla et garantir la conformité des activités industrielles aux normes environnementales en vigueur.



