Aïd al-Adha: face à la cherté du prix des moutons, les familles du Nord préfèrent cotiser pour des bovins

Des bovins au souk Sidi El Yamani, entre Larache et Assilah. (S.Kadry/Le360)

Le 20/05/2026 à 12h43

VidéoÀ l’approche de l’Aïd al-Adha, les familles du nord du Royaume se tournent vers la «drouba», une alternative qui consiste à acheter un veau ou une vache à plusieurs afin de partager la viande le jour du sacrifice. Au marché hebdomadaire de Sidi El Yamani, entre Larache et Assilah, éleveurs et acheteurs évoquent une hausse importante des prix du bétail, poussant de nombreux ménages à privilégier cette solution jugée plus accessible que l’achat d’un mouton.

Au souk Sidi El Yamani, la halle aux bovins attire déjà de nombreuses familles. À quelques semaines de l’Aïd, beaucoup viennent surtout se renseigner sur les prix et tenter de trouver une solution adaptée à leur budget.

Pour plusieurs ménages, la «drouba» apparaît aujourd’hui comme le compromis idéal: acheter une vache ou un veau à plusieurs, puis partager la viande équitablement entre les familles participantes.

«Les droubas commencent autour de 6.000 à 8.000 dirhams. Il y a aussi des races belge et hollandaise, selon les moyens des gens», déclare Taoufik, éleveur à Larache. «Le marché bouge doucement pour le moment, mais chacun cherche la meilleure affaire», ajoute-t-il.

Même constat chez Saïd, éleveur de la région de Rissana, qui évoque une demande encore timide malgré l’approche de l’Aïd. «Chaque bête a son prix selon sa qualité», explique-t-il. «Il y a un peu d’affluence, mais les ventes restent faibles à cause des prix élevés», poursuit-il.

«Les gens viennent, se regroupent et achètent une vache ensemble», explique Abdellah, éleveur à Assilah. «Cela leur revient moins cher qu’un mouton et la viande bovine est très demandée», affirme-t-il. «Avant, certains veaux coûtaient autour de 6.000 dirhams, aujourd’hui les prix ont beaucoup augmenté avec la hausse du prix des aliments pour bétail», précise-t-il néanmoins.

Pour Nadir, également éleveur à Assilah, cette formule est devenue presque incontournable pour de nombreuses familles. «Les aliments sont chers, tout est cher aujourd’hui», confie-t-il. «Beaucoup de familles n’ont plus les moyens d’acheter seules un mouton, alors elles se partagent une drouba pour pouvoir célébrer l’Aïd», confirme-t-il à son tour.

À Sidi El Yamani, la «drouba» ne représente plus seulement une alternative économique. Elle est devenue, pour beaucoup de familles du nord du Royaume, une manière de préserver l’esprit du sacrifice et le partage de l’Aïd malgré la pression grandissante du coût de la vie.

Par Said Kadry
Le 20/05/2026 à 12h43