​Entre 2.500 et 8.000 dirhams: flambée des prix des ovins dans une ferme de la périphérie de Tanger

Dans une ferme de Sebt Zinate dans la périphérie de Tanger. (S.Kadry/Le360)

Le 19/05/2026 à 10h21

Vidéo​À quelques jours de l’Aïd Al-Adha, le marché des moutons traverse une période de fortes tensions dans la région de Tanger. La hausse des coûts d’engraissement continue de tirer les prix vers le haut, tandis que de nombreux consommateurs préfèrent retarder leurs achats dans l’espoir d’une baisse de dernière minute.

À l’approche de l’Aïd Al-Adha, les prix des moutons connaissent une forte hausse dans la région de Tanger. Entre le sentiment de cherté exprimé par les consommateurs et la fermeté affichée par les éleveurs, la filière ovine traverse une période de fortes tensions à quelques jours de la fête du sacrifice.

Dans plusieurs fermes situées à la périphérie de Tanger, comme dans d’autres exploitations du nord du Royaume, les prix des moutons destinés au sacrifice ont fortement augmenté par rapport aux tarifs pratiqués le reste de l’année. À Sebt Zinate, l’un des principaux points d’approvisionnement des habitants de Tanger et de ses environs, les prix oscillent désormais entre 2.500 et 8.000 dirhams selon la race et le gabarit de l’animal.

Sur place, le choix reste pourtant varié. Mohammed, éleveur dans une exploitation située hors du périmètre urbain, explique proposer différentes races et catégories de moutons, du petit au grand modèle. Outre le célèbre Sardi, la ferme commercialise également des moutons de l’Atlas, avec des prix variant fortement selon la race et le gabarit des bêtes. Les moutons de l’Atlas sont proposés entre 2.500 et 5.000 dirhams, tandis que les spécimens de race Sardi oscillent entre 3.500 et 8.000 dirhams, des niveaux jugés particulièrement élevés par de nombreux consommateurs à l’approche de l’Aïd.

L’objectif, affirme l’éleveur, est néanmoins de permettre à chaque client d’acheter selon ses moyens et son budget, tout en maintenant une certaine souplesse avec les acheteurs.

Cette flambée des prix s’explique principalement par l’augmentation des coûts d’engraissement, elle-même liée à la hausse continue des prix des aliments de bétail. Les éleveurs affirment subir une forte pression sur leurs charges de production, limitant leurs marges de manœuvre sur les prix de vente.

Dans les exploitations, le marché évolue encore au ralenti. De nombreux consommateurs préfèrent patienter et suivre l’évolution des prix jusqu’aux derniers jours précédant l’Aïd, dans l’espoir d’une baisse de dernière minute. Mohammed se montre toutefois peu optimiste sur cette éventualité. Selon lui, une éventuelle diminution des tarifs ne dépasserait pas 200 dirhams. «Autrefois, un mouton affiché à 3.000 dirhams pouvait finalement être cédé à 2.500 dirhams à l’approche de la fête. Aujourd’hui, ce n’est plus possible», affirme-t-il.

Malgré la prudence des acheteurs, l’éleveur affiche une certaine sérénité. Si les moutons ne trouvent pas immédiatement preneur pour l’Aïd, il préfère les conserver pour les écouler ultérieurement. L’arrivée de la saison estivale, traditionnellement marquée par les mariages, baptêmes et fêtes familiales, garantit selon lui une demande soutenue en viande rouge auprès des abattoirs et des bouchers.

Par Said Kadry
Le 19/05/2026 à 10h21