Alors que l’Aïd al-Adha approche à grands pas, le marché des moutons au Maroc connaît une situation paradoxale. Malgré une offre abondante, la demande reste faible, et les prix continuent de grimper. Les acteurs du secteur pointent du doigt la hausse des coûts des aliments pour animaux et des carburants, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 14 mai. «Le marché est là, avec toutes les catégories, mais il n’y a pas d’acheteurs», déclare Mohamed El Jabli, président de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, cité par Al Ahdath Al Maghribia. Il souligne un net recul de la fréquentation des visiteurs qui se limitent souvent à «venir observer sans acheter». Ironie du sort: alors que la demande pour l’achat de moutons à sacrifier à l’occasion de l’Aïd al-Adha reste faible en cette période, les prix ont augmenté depuis la semaine dernière, selon un professionnel qui commercialise actuellement son troupeau dédié aux sacrifices dans une ferme aux alentours de Casablanca. «C’est un phénomène difficile à comprendre. On dirait qu’il y a une tactique entre le vendeur et l’acheteur, chacun attendant l’autre», poursuit-il.
Actuellement, les prix varient entre 75 et 80 dirhams le kilogramme pour les moutons de type Sardi et entre 65 et 70 dirhams pour ceux de la race Bergui. Ces tarifs connaissent des variations selon la taille et l’état de l’animal, précise-t-il. Ainsi, un mouton d’un poids moyen inférieur à la moyenne, soit environ 50 kilogrammes, coûte environ 4.000 dirhams pour la race Sardi et entre 3.000 et 3.500 dirhams pour la race Bergui. Interrogé sur les raisons de cette hausse des prix malgré l’abondance de l’offre et l’interdiction d’importer des animaux cette année, El Jabli impute cette situation à la hausse du coût des aliments pour animaux, liée aux années de sécheresse passées. Il n’en oublie pas moins l’impact de la hausse des prix des carburants qui a affecté la situation générale. Cette situation coïncide avec des précipitations exceptionnelles enregistrées durant la saison agricole en cours. Cependant, ces pluies auront un effet limité et ne porteront leurs fruits que dans un avenir proche.


