Aïd Al-Adha: immersion dans une ferme d’élevage ovin près de Rabat

À Essehoul, près de Rabat, un éleveur inspecte son cheptel ovin à quelques semaines de l’Aïd Al-Adha.

Le 09/05/2026 à 16h23

VidéoÀ quelques semaines de l’Aïd Al-Adha, les élevages ovins de la région d’Essehoul, près de Rabat, s’activent pour répondre à la demande. Dans un contexte marqué par la hausse des coûts d’alimentation animale, les éleveurs disent tenter de préserver des prix accessibles, malgré des aides publiques qu’ils jugent insuffisantes.

À quelques semaines de l’Aïd Al-Adha, les élevages ovins de la région d’Essehoul, près de Rabat, commencent à enregistrer une montée progressive de la demande. Dans cette zone rurale, certains éleveurs misent sur une politique tarifaire qu’ils présentent comme «accessible», dans un contexte marqué par la flambée des prix du bétail et la pression sur les coûts d’alimentation animale.

Dans une petite exploitation spécialisée dans l’élevage intensif ovin, les ventes se font selon une méthode encore largement répandue dans le secteur: le mouton est cédé à l’estimation visuelle, sans passage par la pesée au kilogramme. «Ici, le prix dépend du gabarit général de l’animal et de sa qualité», explique Taoufik, responsable de la ferme.

Dans cet élevage comptant une cinquantaine de têtes, le mouton de race Sardi est proposé autour de 3.000 dirhams. Le Bergui, autre race très prisée pour l’Aïd, est commercialisé entre 2.500 et 3.500 dirhams selon le calibre et l’état d’engraissement des bêtes.

L’éleveur affirme avoir bénéficié d’une partie des aides accordées par le ministère de l’Agriculture pour soutenir la filière, tout en estimant que cet appui demeure insuffisant face à la hausse continue des charges. «Nous travaillons essentiellement avec des aliments composés pour l’engraissement», précise-t-il.

À quelques kilomètres de là, une exploitation de plus grande envergure, opérant sous l’enseigne «Al Khaïr», affiche une organisation plus industrielle avec des dizaines d’ovins et de bovins élevés sur site. Mais sur place, les responsables ont préféré décliner toute déclaration. «Le patron refuse de parler à la presse», répondent brièvement des employés de cette ferme moderne et structurée.

Le Maroc devrait célébrer l’Aïd Al-Adha le 27 mai prochain, selon le calendrier hégirien.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 09/05/2026 à 16h23