L’ambassadeur américain à Rabat, Duke Buchan, a marqué un nouveau tournant dans la diplomatie américaine sur l’affaire du Sahara en pointant du doigt, sans détour, l’attitude contre-productive et dangereuse du Polisario. Dans un tweet percutant publié ce mardi 19 mai, il a indiqué avoir discuté «le processus de paix au Sahara» avec le chef de la mission de l’ONU au Sahara marocain (MINURSO), Alexander Ivanko, et épinglé le front séparatiste. «Les violences récentes du Polisario ont suscité une condamnation internationale unanime, et son refus persistant de s’engager sérieusement sur l’avenir du peuple sahraoui menace les progrès accomplis. Les États-Unis restent déterminés à œuvrer pour la paix via la proposition marocaine d’autonomie. Mais la paix exige des partenaires disposés à négocier pour un avenir meilleur», écrit le diplomate américain.
Pour Washington, le Polisario, au lieu de contribuer à une solution pacifique, joue la carte de la tension. La critique est d’autant plus cinglante qu’elle émane de l’ambassadeur du pays qui mène directement les actuelles négociations en vue d’une solution définitive au conflit et qui soutient sans ambiguïté le plan d’autonomie présenté par Rabat en 2007. Un plan salué par plusieurs résolutions onusiennes comme la voie la plus réaliste vers une issue négociée avant d’être consacré comme la seule voie possible d’une paix durable dans la dernière résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025.
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Que fait le Polisario? Il opte pour la violence. Le 5 mai dernier, cette stratégie de la tension a pris une tournure dramatique. Le Polisario a lancé une attaque contre les abords d’Es-Smara, au Sahara marocain. Deux déflagrations ont été enregistrées, dont l’une a grièvement blessé une femme, touchée à la jambe et aux épaules avant d’être évacuée d’urgence vers l’hôpital provincial.
Dans un communiqué diffusé par l’agence officielle du Polisario (SPS), le front revendiqué l’attaque tout en l’enrobant d’une rhétorique mensongère. Une fois de plus, le Polisario a instrumentalisé la propagande pour masquer sa véritable nature: celle d’une milice prête à sacrifier des innocents pour servir son obscur agenda. L’enfumage n’a pas pris. La réaction internationale a été immédiate et unanime. Les États-Unis, par la voix de leur mission auprès de l’ONU, ont dénoncé avec fermeté «les attaques du Front Polisario à Es-Smara. Une telle violence menace la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix. Ces actions sont incompatibles avec l’esprit des récentes discussions. Le moment est venu de mettre fin à ce conflit vieux de 50 ans». Et d’ajouter: «Comme l’affirme la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, le plan marocain d’autonomie trace la voie vers la paix au Sahara occidental. Nous appelons tous ceux qui résistent à la paix à s’engager sincèrement pour un avenir meilleur. Le statu quo ne peut plus durer».
Les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir réagi avec fermeté. La communauté internationale, dans son ensemble, a exprimé son indignation face aux agissements du Polisario. Plusieurs pays et organisations ont rejoint le chœur des critiques. Parmi eux, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique et l’ensemble des pays arabes du Golfe.
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Le Polisario, en s’obstinant dans une logique de confrontation, s’isole ainsi davantage. Et les récents événements confirment que le Polisario n’est autre qu’une milice aux méthodes terroristes, prête à frapper des civils. Les attaques contre Es-Smara, comme celles perpétrées ces dernières années contre des infrastructures civiles, s’inscrivent dans une stratégie délibérée de déstabilisation.
L’administration américaine, qui avait jusqu’ici ménagé le Polisario, semble désormais prête à franchir une étape supplémentaire. Ceci, d’autant plus qu’à Washington, l’inscription du Polisario sur sa liste des organisations terroristes est dans les circuits. Une décision lourde de conséquences, qui reflète la prise de conscience croissante de la nature réelle du Front séparatiste. Parallèlement, et alors que le Polisario s’enlise dans une spirale de violence et de propagande, le soutien inconditionnel que lui offrait l’Algérie s’effrite progressivement. Le régime d’Alger voit sa marge de manœuvre se réduire comme peau de chagrin. Et l’attitude du Polisario n’aide pas. Entre condamnations unanimes, rejet de la rhétorique mensongère et prise de conscience de la nature terroriste du front séparatiste, le message est que le temps des excuses est révolu.



