Blanchiment des capitaux: l’Office des Changes renforce la régulation des holdings offshore

Le siège de l'Office de changes.

Revue de presseÀ travers la publication d’une nouvelle circulaire, l’Office des Changes durcit les règles de vigilance et de conformité imposées aux holdings offshore. En exigeant la désignation de responsables dédiés et la traçabilité stricte des bénéficiaires effectifs, l’autorité de régulation entend renforcer la transparence et sécuriser les flux financiers transfrontaliers. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 13/08/2026 à 18h44

L’Office des Changes franchit une nouvelle étape dans le contrôle et la régulation du secteur financier. «L’institution vient de publier la circulaire numéro 2/2026, un texte qui fixe de nouvelles obligations de vigilance et de veille interne à l’égard des sociétés holding offshore», indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision, il convient d’expliciter la nature de ces entités particulières. Une société offshore est une entreprise immatriculée dans un territoire bénéficiant d’un régime juridique et fiscal spécifique, distinct du régime de droit commun, et dont les activités économiques sont principalement réalisées en dehors du pays d’enregistrement. Lorsqu’il s’agit d’une holding offshore, sa mission essentielle consiste à détenir, gérer et orchestrer des participations financières ou des actifs internationaux. Si ces structures offrent une grande souplesse pour la gestion de capitaux transfrontaliers, elles font également l’objet d’une surveillance internationale accrue en raison des risques de manque de transparence ou d’utilisation à des fins d’optimisation agressive et de blanchiment.

Prise en application de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et de la législation encadrant les places financières offshore, cette nouvelle circulaire vise à renforcer l’encadrement de ces acteurs. «À travers cette initiative, l’Office des Changes réaffirme son intention d’assurer une supervision efficace et proportionnée, propre à consolider la conformité et la sécurité des opérations», souligne Challenge.

Fondée sur une approche par les risques, la directive impose aux holdings offshore d’établir un dispositif de sécurité adapté à leur taille, leur niveau d’activité et leur profil de risque. Les obligations concernent en premier lieu la connaissance approfondie des clients et l’identification des bénéficiaires effectifs, c’est-à-dire les personnes physiques qui contrôlent réellement les structures juridiques. De plus, la traçabilité rigoureuse concernant l’origine et la destination des fonds devient un préalable incontournable.

Le texte durcit également le suivi permanent des mouvements financiers, en exigeant une vigilance accrue sur les transactions atypiques, complexes ou présentant une exposition élevée aux risques. Afin de garantir l’application concrète de ces exigences, chaque holding offshore devra obligatoirement désigner un responsable de la conformité au sein de son organisation, chargé de piloter et de contrôler en permanence le respect du dispositif de veille. Le document complet définissant l’ensemble de ces nouvelles règles est mis à la disposition du public sur le site institutionnel de l’Office des Changes.

Par La Rédaction
Le 13/08/2026 à 18h44